Tout savoir sur « 1984 » de George Orwell

« Big Brother is watching you ! »

1984

Par The Web Doctor

« Big Brother te surveille. »
Que vous lisiez de la science-fiction ou non, vous avez sûrement déjà entendu cette phrase issue de 1984, roman écrit par George Orwell.
S’il est devenu un des grands classiques de la littérature mondiale, c’est notamment parce que son contenu publié en juin 1949 semble décrire notre XIXe siècle.

On vous raconte tout ce qu’il faut savoir (et que tout le monde oublie) sur 1984.

1984 : De quoi ça parle ?

Forcément de 1984, mais dans sa version dystopique.

Trois décennies se sont écoulées depuis la guerre nucléaire entre l’Estasia, l’Océania et l’Eurasia.

Dans ces trois grandes puissances qui se ressemblent mais s’affrontent, tout n’est que censure.
Perte de la liberté d’expression, même de penser, privation des richesses, surveillance individuelle de masse, falsification et propagande organisées par l’État, culte de la haine, délation …

À Londres (Océania) vit Winston Smith, employé de Big Brother, le chef adoré du Parti.
Son travail au Ministère de la Vérité consiste à manipuler les archives historiques.
Mais, après des années de bons et loyaux services, il pèse de plus en plus sur la conscience de Winston.

Malgré les risques d’être poursuivi par la Police de la Pensée, Winston décide de raconter ce qu’il se passe réellement. Alors, il rédige un journal dans un coin de son appartement, seul angle mort qui échappe à la surveillance des caméras.

Un jour, Winston croise Julia, une collègue qu’il prend pour une espionne, mais qui lui avoue son amour.
Ils débutent alors une relation, bien qu’elle soit interdite, et rêvent ensemble à un autre monde promu par une fraternité clandestine.
L’un des membres, O’Brien, leur donne « Le Livre », écrit par son fondateur Emmanuel Goldstein, l’ennemi du Parti.
Ce texte dénonce le système dirigeant et détaille comment réussir une révolution, idée qui enchante Winston et Julia.

Comment ça finit ?

Avant de pouvoir se rebeller, le couple se fait arrêter par la Police de la Pensée.
Ils ont été dénoncés par O’Brien qui se trouve être un espion.

Winston est torturé pendant des semaines, au point de perdre sa morale et toute logique (2+2=5).
Il finit par trahir Julia, prouvant ainsi au Parti qu’il lui cède tout.

Une fois libéré, Winston est une loque humaine (sur le point d’être éliminée), en totale admiration de Big Brother … Qui n’existe pourtant pas ! Tout comme Emmanuel Goldstein, dont « Le Livre » est une autre arme de manipulation du Parti.

1984

Le totalitarisme dans 1984

Le Parti met en place des stratagèmes pour empêcher le soulèvement de ses sujets.
En voici quelques-uns …

La guerre, c’est la paix

Dans cette nouvelle réalité, tout est son contraire, comme ces ministères qui permettent à l’État de prolonger une guerre constante.

  • Le ministère de la Paix prépare et maintient l’apport militaire nécessaire à la perpétuité d’une guerre totale.
  • Le ministère de l’Abondance trafique les chiffres des denrées consommables pour cacher que le pays tout entier meurt de faim.
  • Dans le ministère de l’Amour, on s’occupe « du respect de la loi et de l’ordre », par l’intermédiaire de séances d’insultes organisées (les « Deux Minutes de la Haine ») et de tortures.
  • Au Ministère de la Vérité, Winston Smith censure et falsifie tout type d’archive historique : une défaite militaire, la quantité de bottes produites par le pays … Tout doit coller à la version officielle du Parti.

La liberté, c’est l’esclavage

Tout au long du récit, Winston va tenter de se rebeller contre les diktats du quotidien : au travail, sur le chemin du travail, chez lui et même lorsqu’il dort.

Big Brother a autant de yeux qu’il existe de caméras obligatoires.
Personne n’échappe non plus aux millions d’affiches placardées qui vendent les mérites d’un chef qui hait le conflit.
Le dirigeant suprême contrôle jusqu’aux pensées, prive la moindre parcelle d’intimité, afin de prévenir tout acte de rébellion.

Sous le régime du Big Brother, on ne meurt pas, on « disparaît », effacé des données du système et de l’esprit de tous.
Le peuple l’accepte, victime d’un endoctrinement imposé dès le plus jeune âge, comme au temps des Jeunesses Hitlériennes.

1984

L’ignorance, c’est la force

Dans le monde dépeint par Orwell, le contrôle passe également par le langage.
Le Parti impose le novlangue, langue créée pour limiter les interactions et la capacité de penser des individus.

« La double pensée » est également de mise.
Elle consiste à croire en deux choses totalement opposées, qui par cet effet s’annulent.

Autour de 1984 : Anecdotes

  • Lorsqu’il écrit 1984, Orwell vit sans confort sur une île écossaise et souffre de tuberculose.
    Il s’éclaire à la bougie et écrit parfois sous les draps, alors qu’il doit se reposer sur ordre du médecin.
    Ces conditions de travail ont largement contribué à l’ambiance terne et maussade de 1984, véritable chant du cygne, publié un an avant sa mort.
  • Bien évidemment le prénom du héros fait référence à Winston Churchill, premier ministre britannique qui refusa la fausse paix offerte par Hitler durant la Seconde Guerre mondiale.
    Churchill aurait confié à son médecin avoir lu 1984 à deux reprises et l’avoir beaucoup aimé.

Lire notre article « Winston Churchill en 25 bons mots »

  • Le lavage de cerveau de Winston dans la chambre 101 a traumatisé les Britanniques !
    Au point que certains hôtels se refusent de donner ce numéro à leurs chambres.
  • Les hommages à 1984 sont nombreux.
    Pour ne citer qu’eux :
    – Le groupe de rock Radiohead en ont fait plusieurs chansons, comme « 2+2=5 » et « Karma Police ».
    – Le chanteur David Bowie composa les titres « 1984 », « We are dead » et « Big Brother », issus d’un projet de comédie musicale, avorté pour cause de droits d’auteur.
  • Big Brother est le nom original de la première émission de télé-réalité, adaptée en France comme Loft Story.

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