22 novembre 1963 : L’assassinat de JFK

Sept secondes qui ont changé les États-Unis

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22 novembre 1963, 12h30 à Dallas (Texas).
L’assassinat du 35ème président des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy, dit JFK.

Cet événement change la vie des Américains, mais pas que.
Il devient surtout l’un des grands mystères de l’Histoire.
Car même si le nom de son meurtrier est connu, les raisons de son geste restent troubles et semblent être le résultat d’un complot.

Soleil et plomb

Que vient faire Kennedy à Dallas ?

En 1963, JFK est un président glamour et populaire.
Au-delà de sa jeunesse et son sex-appeal, les Américains aiment son engouement pour la conquête spatiale, son succès lors de la Crise des Missiles (octobre 1962) et son célèbre « Ich bin ein Berliner ».

Pourtant il y a aussi eu de nombreux ratages, notamment lors du débarquement de la Baie des Cochons (avril 1961) et la guerre au Viêt Nam.
Ses ennemis politiques lui reprochent particulièrement sa position jugée trop arrangeante envers les communistes et en faveur des droits civiques.

En octobre, les menaces et attaques contre l’équipe de Kennedy s’intensifient.
Le président décide alors d’asseoir son autorité dans un État non gagné à sa cause : le Texas, qui vote majoritairement pour la Droite radicale.
On y organise une tournée de deux jours en prévision des élections de l’année suivante.

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Dans la Lincoln

Après une première journée passée entre Houston et Fort Worth, JFK et son épouse Jackie partent pour Dallas.
Ils s’installent à bord d’une Lincoln Continental décapotable de 1961, avec John Bawden Connally, le gouverneur du Texas, son épouse Nellie et deux agents de sécurité.

La voiture défile dans les rues de Dallas.
Kennedy a demandé que le véhicule circule lentement pour apprécier ce qu’il n’avait osé imaginé : l’accueil chaleureux d’une foule enthousiaste.

Nellie Connally dit alors au président qu’il ne peut plus dire que Dallas ne l’aime pas.
C’est une des dernières choses écoutées par JFK …

L’assassinat de JFK

Comme l’expliquera sept jours plus tard l’enquête officielle appelée Commission Warren, trois coups de feu retentissent.

La première détonation est prise pour un bruit de moteur ou de pétard par la sécurité qui réagit à peine.
Mais trois secondes plus tard, on réalise qu’une balle a atteint le président dans le haut du dos et est ressortie par sa gorge. Puis, JFK est touché à la tête.

Une des balles blesse également le gouverneur et un spectateur, en ricochant sur le bord d’un trottoir.

Cette scène d’horreur et de panique a été filmée par un spectateur debout sur un muret.
La séquence de 26 secondes portent son nom : film Zapruder.

À 12h35, on hospitalise Kennedy en urgence au Parkland Hospital, mais son état grave entraîne sa mort une vingt-cinq minutes plus tard.
 14h38, le vice-président Lyndon B.Johnson prête serment à bord du Air Force One, en présence de Jackie Kennedy, qui porte encore son tailleur tâché du sang de son mari.

Un assassin tout trouvé

Quelques minutes à peine après les tirs de fusil, on arrête l’assassin officiel : Lee Harvey Oswald, 24 ans, qui a tout du coupable idéal.

Après une enfance instable et un diagnostic de troubles de la personnalité, le jeune passionné de marxisme passe un temps chez les Marines avant de rompre son engagement.
Il part s’installer en Union Soviétique d’où il revient en 1962, avec sa femme et sa fille.
Malgré sa déception envers l’URSS et Cuba, Oswald envisage, en avril 1963, d’assassiner le général Walker, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale profondément anticommuniste.

D’après la Commission Warren, c’est finalement à JFK qu’il s’en prend, puis quelques minutes après cet assassinat, à un policier qui voulait contrôler son identité.

Lee Harvey Oswald est arrêté pour ces deux meurtres le jour du drame, à 13h50, dans le cinéma où il se cachait.

Pendant les 12 heures que durent son interrogatoire, il se dit innocent et s’écrie même « I’m a pasty » (« je suis un pigeon »).
Ses motivations restent inconnues puisque deux jours après JFK, il est lui-même assassiné par Jack Ruby, un propriétaire de boîte de nuit en lien direct avec la pègre.

Qui a vraiment tué JFK ?

Cette apparente vengeance réalisée sous un coup de folie soulève cette question, l’un des plus importants mystères du XXe siècle.
Oswald a-t-il été manipulé, puis réduit au silence ?

En 1963, la Commission Warren affirme haut et fort que non : il n’existe ni commanditaire ni complot.
Cependant, comme le doute persiste, une nouvelle commission se penche sur le dossier en 1979.

Ce nouveau rapport parle de quatre balles tirées, et non plus de trois. Il détermine également qu’Oswald avait certainement un complice et n’était que le bouc-émissaire choisi d’une trame complexe.

Mais laquelle ?

Théorie 1 : Pour récupérer Cuba

Une première théorie évoque la responsabilité conjointe des éxilés anti-Castro, de la mafia et de la CIA, trois groupes qui veulent reprendre l’île de Cuba aux Communistes.

La CIA reproche au président le fiasco du débarquement de la Baie des Cochons.
Farouchement opposée à la révolution cubaine qui a mis Fidel Castro au pouvoir, l’Agence a participé à la riposte de 1400 exilés cubains qui refusent le nouveau régime.
La CIA considère que l’opération a échouée car Kennedy a refusé d’y apporter un soutien aérien. De plus, il a nié toute intervention future après son pacte avec le président soviétique Nikita Khrouchtchev.

La mafia déteste aussi le régime communiste de Castro : la révolution cubaine représente un important manque à gagner ! Le crime organisé y perd le contrôle de ses casinos, si utiles au blanchiment de ses revenus.
Soupçonné d’être proche de la pègre, Kennedy aurait payé sa trahison.
De plus, son assassinat laisse la place à un autre président et donc à la possibilité d’une prochaine opération contre Cuba.

Certains arguments semblent étayer cette théorie, largement reprise dans le film d’Oliver Stone (1991).
Comme les liens découverts dans les années 1960 entre Oswald et certains anti-Castro.
Ou l’assassinat en 1968 du frère de John Fitzgerald, Robert Kennedy, procureur général, puis sénateur qui menait une véritable croisade contre la mafia.

Théorie 2 : Pour garder Cuba

Une autre hypothèse accuse des agents secrets cubains de l’assassinat de JFK.
La mort du président aurait été pensée pour empêcher toute possible attaque contre le régime en place.
Ou pour venger les multiples tentatives de meurtre organisées par la CIA contre Castro.

Les Cubains auraient été aidés par le service secret soviétique, ravi de se débarrasser d’un président ayant poussé à son paroxysme la tension de la Guerre Froide.
Ainsi, Lee Harvey Oswald aurait été l’instrument de deux États dont il partageait l’idéologie.

La vérité est ailleurs …

Exactement dans les 3.100 documents, jalousement gardés pendant des décennies par la CIA, mais déclassifiés en 2017.

On doit leur accès à la sortie du film JFK d’Oliver Stone, dont le succès avait provoqué la création d’une loi en 1992, obligeant le gouvernement à rendre les archives publiques 25 ans plus tard.

Cependant, le jour J, le président Donald Trump, conseillé par la CIA, se refusa à les publier en totalité sur le site des Archives nationales. En raison d’une situation mondiale encore sous tension …

Parmi les quelques révélations que l’on trouvent en ligne, un mémo écrit par Hoover, chef du FBI :
« Ce qui me préoccupe le plus est de publier quelque chose pour qu’on puisse convaincre le public qu’Oswald est le véritable assassin. »

La Maison Blanche dit n’avoir occulté qu’1% des dossiers.
Quelques pages dont l’absence alimente encore le mystère.

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