Économie : Et si on comprenait les grandes crises historiques ?

Argent, Panique et Culture Générale !

Certains se rassurent en disant qu’en mandarin, le terme « crise » désigne aussi bien un danger qu’une opportunité.
Malheureusement, le français n’admet pas cette nuance et il faut croire que l’Histoire non plus !

On vous raconte (en bref) 4 crises historiques qui ont failli détruire l’économie mondiale.
Attention : anxieux, s’abstenir !


La Crise de la Tulipe

Quand : XVIIème siècle
: Les Pays-Bas (alors appelés Provinces Unies)

À retenir : Il s’agit de la première bulle spéculative de l’Histoire !

Définition pour bien comprendre :
On appelle bulle spéculative un actif boursier dont la valeur est surestimée.
Le prix gonfle, gonfle, gonfle … Jusqu’à exploser !

Pourquoi ?

Les Pays-Bas, fraîchement libérés de la domination espagnole, découvrent les joies du commerce avec l’Orient.
Les marchands néerlandais s’enrichissent et aspirent au luxe jusque-là réservé aux hautes sphères.
Ils se passionnent soudain pour les jolies couleurs d’une fleur ottomane, introduite en Europe par un ambassadeur d’Autriche.
La tulipe est rare, exotique, destinée « à la haute » … donc idéale pour faire jalouser les voisins !
C’est aussi bête que ça !

La fleur, devenue un signe extérieur de richesse, voit son prix grimper jusqu’à en devenir exorbitant.
Comme il faut entre 7 et 12 ans pour qu’une graine de tulipe devienne un bulbe prêt à fleurir, son prix atteint 15 fois le salaire annuel d’un artisan.
Or, malgré toute sa beauté, il ne s’agit que d’une fleur …

et après …

Comme la croissance des bulbes dépend de la Nature et non pas de la spéculation, les fleuristes signent des contrats devant notaire pour des achats en fin de saison.
Mais en février 1637, les prix sont si hauts que personne n’achète plus.
C’est la panique.
Les cours s’effondrent, l’intérêt pour cette fleur se fane …
Finalement, la crise n’affecte qu’un petit nombre de personnes … en comparaison avec la peste bubonique qui fait alors des ravages.
Maigre consolation …


Le Krach de 1929

crises historiques

Quand : Entre le jeudi 24 et le mardi 29 Octobre 1929
: Wall Street, la Bourse de New York

À retenir : Cette crise marque le début de la Grande Dépression.

Définition pour bien comprendre :
On appelle krach la baisse brutale des prix d’une catégorie d’actifs.
Le terme allemand naît en 1873, après la chute des bourses de Vienne et Berlin, et se traduit « boucan ».

Pourquoi ?

Dans les années 1920, l’Amérique en plein essor industriel profite de la société de consommation.
Pour assouvir les nouvelles pulsions d’achat de la classe ouvrière, les banques offrent allègrement des prêts.
Tout s’achète alors à crédit, même les actions boursières.
L’économie se crée alors à partir d’un argent fictif …

Le jeudi 24 octobre 1929, les traders (de l’époque) comprennent soudain que cette économie bancale ne peut plus durer.
Tout le monde se met à vendre.
C’est la panique, le « jeudi noir », le krach.

Certains financiers tentent le tout pour le tout en feignant d’acheter des actifs par pur plaisir.
Peine perdue.
Mardi 29 octobre 1929 (le« mardi noir »), c’est l’effondrement.
Les titres boursiers ne sont plus que de simples bouts de papier.

Et après …

Les banques ne prêtent plus, les citoyens ne consomment pas, les chiffres d’affaires baissent, les entreprises licencient.
Un quart de la population active des États-Unis se retrouve soudain au chômage.

La première puissance mondiale se recroqueville alors sur elle-même et oublie ses investissements étrangers, notamment dans l’Allemagne d’après-guerre.
Les échanges commerciaux sont aussi difficiles avec l’Amérique latine.
Par exemple, au Brésil, on brûle le café invendu dans les locomotives !

Pour privilégier l’économie nationale, le président Roosevelt fait taxer les produits importés dès 1930.
C’est le protectionnisme, une politique que le reste du monde va également adopter.

Ironiquement, cette situation mondiale échauffe les esprits, provoquant une seconde guerre mondiale, qui endigue la crise grâce à l’économie de guerre …


Premier choc pétrolier de 1973

crises historiques

Quand : Entre octobre 1973 et mars 1974
: les Pays du Golfe persique

À retenir : « On n’a pas de pétrole, mais on a des idées. »

Définition pour bien comprendre :
On appelle OPEP l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole, créé en 1960 afin de réguler tout le commerce autour de l’Or Noir.

Pourquoi ?

Au début des années 1970, les États-Unis consomment soudain plus de pétrole qu’ils n’en produisent.
Ils dépendent alors des autres pays membres de l’OPEP.

Cependant, en octobre 1973, la guerre du Kippour change la donne.
Quand Israël, aidé des États-Unis, s’oppose à l’Égypte et la Syrie, les Pays du Golfe soutiennent ces derniers en augmentant le prix du baril de pétrole.
En six mois, il est 4 fois plus cher !

Et après …

Les conséquences sont graves pour l’Occident.
Avec l‘inflation, le chômage pointe soudain son nez, lui qui avait quasiment disparu pendant les Trente Glorieuses (les trois décennies après-guerre marquées par un désir de reconstruction et le baby-boom).
Les États commencent à s’endetter pour maintenir ses prestations, notamment sociales.

En France, c’est le début des énergies nucléaire et éolienne, qui se développent dans un vain espoir de ne plus dépendre du pétrole.
Et puis en décembre 1973, la « bonne idée » du président Valéry Giscard d’Estaing, celle qui s’accompagne du slogan cité plus haut : le changement d’heure sensé diminuer la consommation d’énergie.


La Crise des Subprimes

Quand : En 2007-2008
: Aux États-Unis

À retenir : L’exemple-type de comment créer une grosse crise mondiale en tentant d’en empêcher plusieurs petites …

Définition pour bien comprendre :
Pour les banques américains, leurs clients sont « prime » (traduisez, premium) quand ils ont de bonnes garanties (CDI, bons salaires …).
Au contraire, les « subprimes » sont les clients moins fiables. Ceux que l’on appelle aussi « NINJA » : « no income, no job, no asset » (pas de revenu, pas d’emploi, pas de patrimoine).
Autrement dit, ceux à qui vous ne prêteriez pas un euro !
Et pourtant …

Pourquoi ?

Les États-Unis le savent bien : l’économie est fragile.
Un rien peut faire vaciller le système et dans les années 2000, il est mis à mal.
D’abord, c’est l’engouement pour internet et ses start-up qui crée une bulle … qui éclate.
Puis en 2001, les attentats paralysent naturellement les marchés.

Pour relancer l’économie, la Federal Reserve Bank diminue le taux de prêt entre banques, favorisant les crédits aux consommateurs.
Le secteur de l’immobilier en est le premier bénéficiaire, d’autant que des prêts sont accordés sans aucune garantie (les fameux subprimes ou ninja).
Dans la logique financière, si le client ne peut plus rembourser son logement, il peut toujours le vendre, et sûrement à un meilleur prix puisque le marché s’emballe. Mouais …

Quand les banques américaines découvrent qu’elles ont quand même beaucoup de créances risquées en stock, elles les revendent à leurs collègues internationaux ! (On appelle ça la titrisation).
Sauf que le marché du logement atteint de tels sommets qu’il s’effondre … et tout le système mondial est déjà contaminé.

Et après …

Évidemment, les ninja – subprimes ne peuvent ni payer leurs créances ni revendre leur logement.
Les banques américaines se retrouvent avec beaucoup de briques et une longue liste de mauvais payeurs sur les bras.
Le 15 septembre 2008, la plus-que-centenaire entité Lehman Brothers fait faillite, noyée sous une trop grande quantité de prêts toxiques.

En Europe aussi, le système financier est au plus mal.
C’est finalement les états qui sauvent (à peine) les meubles, en injectant de grandes quantités d’argent.
Commence alors une crise de la dette, qui anéantit notamment la Grèce en 2010.


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