« Die Hard, Piège de Cristal » (1988)

Toujours garder ses pompes dans un gratte-ciel !

Film d’action réalisé par John McTiernan
Sortie : 1988
Avec Bruce Willis, Alan Rickman, Bonnie Bedelia, Reginald VelJohnson …

Répliques cultes

« Yippee-ki-yay, pauvre con ! »

« Sur neuf millions de terroristes dans le monde, j’en tue un, il a les pieds plus petits qu’ma soeur… »

« – Qui êtes-vous ?
– Une mouche dans le lait, mon cher Hans, un petit rouage qui grippe ! Un emmerdeur ! »

« – Qui que vous soyez, attention, cette fréquence est exclusivement réservée aux urgences.- Sans blague ! Et vous croyez que j’appelle pour commander une pizza ? »

« – Cette fois, John Wayne ne s’éloignera pas vers le soleil couchant avec Grace Kelly !- C’est Gary Cooper, connard ! »

« Maintenant j’ai une mitraillette. How how how. »

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À l’origine du scénario : Frank Sinatra !

Si John McClane est aujourd’hui indissociable de Bruce Willis, ce n’est pas lui qui a créé le personnage.
Du moins dans la tête des scénaristes !

Car avant de porter ce nom, le policier new-yorkais, obstiné et dur à cuire, s’appelait Joe Leland.
Ce personnage sort tout droit du roman de Roderick Thorp, Le Détective.
Lorsqu’Hollywood s’en empare pour l’adapter en 1968, on fait appel au plus ténébreux des crooners, Frank Sinatra.


Le film plaît.
Alors, onze ans plus tard, quand la suite Nothing Lasts Forever est publiée, la Fox achète les droits.

Problème : Sinatra refuse le rôle.
Il faut trouver son remplaçant, et au passage, le dissocier du personnage principal.
Joe Leland devient alors John McClane.

Personne ne croit à ce changement.
Deux valeurs sûres du cinéma, Clint Eastwood et Burt Reynolds, refusent aussi le rôle. 

L’idée est abandonnée pendant quelques années …
Et puis elle ressort des tiroirs de la Fox, qui la propose à Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone, Mel Gibson, Richard Gere
Personne n’en veut.
Sauf un acteur dont le plus grand succés est la série TV comique, Clair de Lune : un certain Bruce Willis …

De quoi ça parle ?

Los Angeles, réveillon de Noël.
John McClane, flic new-yorkais, débarque à Los Angeles.
Séparé de sa femme Holly, il la retrouve dans la tour Nakatomi, siège d’une puissante multinationale japonaise où elle est cadre.
Alors qu’il se relaxe après un long vol (en retirant ses chaussures et chaussettes), le gratte-ciel est investi par des hommes armés qui prennent les employés en otage.
Seul McClane pourra les empêcher de dérober la fortune de la société … Marcel blanc et pieds nus !

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Sur le tournage : Improvisation !

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Le réalisateur John McTiernan vient de terminer le premier Predator, dont il sort lessivé.
Il n’imagine pas que le tournage de Die Hard sera bien pire !

Grosse difficulté : le scénariste Steven E. de Souza retravaille le script au jour le jour.

Il demande même à modifier certaines scènes pendant qu’elles sont tournées.
Deux exemples.

La rencontre entre le méchant Hans Gruber et le flic new-yorkais John McClane.

Ils ne se sont parlés que par radio, alors quand le héros se retrouve face à son ennemi, il le prend pour un otage qui tentait de s’enfuir.
Une des scènes les plus importantes du film mais totalement brouillon !

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Sa conception d’abord.

Alors que McTiernan est en plein tournage, le scénariste discute avec l’acteur londonien, Alan Rickman, dont c’est le premier long-métrage.
Pour son rôle d’antagoniste, il doit prendre l’accent allemand, mais lors de cette pause, il montre à De Souza qu’il sait aussi imiter l’accent californien.

Ni une, ni deux, le scénariste court interrompre le réalisateur et lui soumet une nouvelle idée : le méchant peut se confronter au héros, puisqu’il peut modifier son intonation de voix !
McTiernan s’énerve : mais comment Bruce Willis peut-il avoir vu le meurtrier de Takagi au début de film et ne pas le reconnaître quand il le recroise plus tard ?

De Souza a la solution : il faudra jouer la scène d’assassinat, en déplaçant quelques pièces du décor, afin de cacher les traits d’Alan Rickman au personnage de Bruce Willis.
Soit ! Le réalisateur, pas tellement enchanté, accepte mais la scène doit être tournée le soir même … Elle est donc écrite en quelques heures à peine !

Le résultat, bien que chargé en tension, ne tient pas vraiment la route.
Le spectateur ne comprend pas trop comment John McClane peut deviner qu’il a finalement affaire au chef des terroristes.
Les Gauloises qu’il fume ?
Le nom d’emprunt écrit sur le tableau ?
Non, grâce à un rapide coup d’oeil à la montre du suspect, identique à celle de ses acolytes …
Sauf que la scène de synchronisation des montres vue par le flic, qui aurait permis de dévoiler la supercherie, a été coupée au montage !
Alors, impossible de comprendre !

La « stratégie de sortie » des terroristes

Après avoir réalisé un gros coup, il faut penser à s’échapper !
Comment les terroristes ont-il imaginé fuir le Nakatomi Plaza ?

Le scénariste a d’abord imaginé leur faire cacher une ambulance dans un des camions introduits dans l’immeuble.
Ils n’auront qu’à se faire passer pour une équipe médicale quand le toit aura volé en éclats.
Mais la séquence est problématique à mettre en place. L’idée est donc abandonnée sans scrupule.

On garde tout de même l’acte héroïque d’Argyle, le chauffeur de la limousine, qui emboutit le terroriste qui tente de fuir en ambulance, dans le sous-sol.
Pas très logique ? Tant pis !

La bande son aussi est improvisée !

La scène finale n’est pas une musique originale : le compositeur du film, Michael Kamen, n’a pas eu le temps de la finir !
Pour combler ce manque, le réalisateur a emprunté un morceau de James Horner (à qui l’on devra plus tard la BO de Titanic).
Sa musique utilisée est tirée du film Aliens de James Cameron.

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L’après Die Hard

Un échec en France

Die Hard est un succès immédiat aux États-Unis.
Mais en France, Piège de Cristal est une catastrophe !

Rien n’y fait, ni la promotion du film, calquée sur la campagne américaine, ni la présence de Bruce Willis.
De toute façon, en France, c’est un parfait inconnu (sa série n’est diffusée que depuis peu sur M6 en troisième partie de soirée).

Alors que Rambo III (considéré comme le ratage de la saga) fait presque 2 Millions d’entrées un mois plus tard, Die Hard en cumule péniblement 655 545.

Des petits dans le reste du monde !

Ailleurs, le film fait salle comble, devenant aussitôt une référence.

Commence l’époque des copies, une infinie liste de variations sur le même thème : Piège en eaux troubles, Piège en haute mer, Piège à grande vitesse … Avec Steven Seagal, Wesley Snipes, Jean-Claude Van Damme, et bien entendu, Bruce Willis, modèle-type …
Tous les costauds d’Hollywood s’abonnent à ce nouveau type de scénario d’action assaisonné d’humour.

Et puis il y a les rejetons officiels : 58 minutes pour vivre (1990), Une journée en enfer (1995), Retour en Enfer (2007) et Belle journée pour mourir (2013). Mieux connus désormais sous le nom de Die Hard 2, 3, 4 et 5 !

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