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« Dirty Dancing », LE film de danse ultime !

    Bébé, le coin, toussa, toussa …

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    En 1987, Emile Ardoline met sur grand écran une bluette dansante auquel personne ne croit vraiment. Plus de 30 ans après, tout le monde en parle comme de LA référence en film de danse.
    On vous raconte les anecdotes de tournage de Dirty Dancing.

    Comme si vous l’aviez vu (Spoilers)

    « C’était le plein été en 1963. Tout le monde, à cette époque, m’appelait Baby et ça m’amusait. C’était avant l’assassinat du Président Kennedy, avant l’avènement des Beatles, j’étais une fan du mouvement pour la paix et mon père était l’homme le plus formidable du monde. Nous allions passer les vacances à la Pension Kellerman. »

    Premières phrases de Dirty Dancing

    Ainsi, Baby passe l’été en famille et s’ennuie comme un rat mort. Jusqu’à ce qu’elle voit danser le plus beau des GO de la pension : Johnny. En journée, il donne des cours de danse (mouais …) aux femmes riches à la recherche de sensations fortes. Et le soir, il danse le dirty dancing collé-serré avec ses copines animatrices … Ce qui fascine l’ingénue Baby.

    Un soir, Johnny doit présenter un numéro de mambo avec sa collègue Penny. Mais celle-ci, enceinte, a rendez-vous pour ne plus l’être (ce qui a l’époque, est illégal). Baby se propose pour la remplacer.

    Elle n’est pas très douée, mais Johnny est patient et bon professeur. Ça danse, ça se piétine les pieds, et puis ce qui devait arriver, arriva ! L’amour fou et pleins d’empêchements : Penny manque mourir, Johnny se fait virer, le père de Baby se fâche …

    Heureusement, tout s’arrange lors du spectacle de fin de saison, avec la super danse (et son célèbre porté) de Baby, que Johnny fait sortir « de son coin » (citation tout aussi célèbre).

    Revoir Dirty Dancing

    Dirty Dancing : Anecdotes

    Une histoire (presque) vraie

    Dirty Dancing naît d’un déjeuner au début des années 1980.
    La romancière Eleanor Bergstein est à table avec la productrice Linda Gottlieb et tente de lui vendre son projet : I was a Teenage Mambo Queen. L’histoire de deux sœurs qui prennent des cours de danse dans un camp de vacances. Des souvenirs d’adolescence d’Eleanor, qui pratiquait le dirty dancing (littéralement « la danse sale »).

    « Quand j’ai entendu ces mots, j’ai laissé tomber ma fourchette. J’ai dit à Eleanor : « Dirty Dancing, voilà un titre à un million de dollars ! » On a commencé immédiatement à réfléchir à ce que pourrait être le film. Johnny Castle est né au cours de ce déjeuner. »
    Linda Gottlieb

    Le film a failli ne pas se faire

    Même si l’époque était aux dance movies, le scénario de Dirty Dancing a essuyé 43 refus de la part des studios.
    Les raisons : c’est un « petit film de filles juives », mais surtout l’approche débridée de l’amour adolescent. Avec un avortement clandestin, en prime ! Un sujet qui pose problème aux sponsors, mais que la scénariste Eleanor Bergstein, n’a jamais voulu retirer.

    Le scénario finit par être validé Une fois le scénario validé (aux forceps), le tournage a multiplié les contretemps : accidents, intoxications pour certains acteurs, douleurs au genou pour Swayze.

    Un couple qui ne s’entend pas

    Avant Dirty Dancing, Patrick Swayze a 34 ans, mais peu d’expérience au cinéma. Il s’est construit une petite notoriété grâce à son rôle dans la série télé Nord et Sud. Il a surtout trois décennies de danse dans les jambes !

    À 27 ans, Jennifer Grey n’est pas non plus étrangère au cinéma. Son père, Joel Grey, a reçu un Oscar pour son rôle dans Cabaret (1972, Bob Fosse).

    Le couple a déjà joué ensemble, dans L’aube rouge (1984, John Milius). Patrick Swayze déteste Jennifer Grey depuis cette collaboration. Elle n’est pas assez professionnelle à son goût.

    On ressent son agacement dans la célèbre scène où Bébé rit parce que Johnny lui caresse le bras.
    Elle n’était pas prévue dans le scénario.
    L’exaspération qui se lit sur le visage de Swayze est bien réel.

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    « Jennifer était parfois d’humeur bébête, nous forçant à multiplier les prises à cause de ses fous rires. »
    – Patrick Swayze 

    Pourtant, l’alchimie entre eux est évidente. Pour preuve, cette autre scène improvisée, tournée à leur insu pendant qu’ils s’échauffaient.

    Secrets de fabrication

    • Emile Ardolino a également réalisé Sister Act (1992), un an avant sa mort des suites du sida.
    • Les rôles principaux auraient pu être tenus par Sarah Jessica Parker, Sharon Stone, Val Kilmer ou Billy Zane (le fiancé dans Titanic).
      En fait, le tout Hollywood est envisagé : 127 filles ont passé le casting pour Bébé !
    • Le film a été tourné en octobre alors que l’action se déroule en été. Les techniciens ont dû peindre en vert les feuilles d’automne des arbres. Et la célèbre scène du porté dans le lac est filmé en plans larges pour ne pas voir les lèvres bleues des acteurs, gelés par l’eau glacé.
    • On doit les chorégraphies à Kenny Ortega, qui a notamment travaillé avec Michael Jackson, puis a créé les numéros de High School Musical.
    • Quant à la bande originale, elle est d’époque puis anachronique. Elle balaye des hits des sixties (The Ronettes, Otis Redding …) aux chansons contemporaines (Eric Carmen …), en passant par les classiques de salon (mambo, merengue, fox-trot).
    • Le thème principal (I’ve had) The time of my life n’a plus rien à voir avec la pension Kellerman !
      Mais c’est grâce à ce tube moderne que la BO se vend à 32 millions d’exemplaires dans le monde.
      Le morceau obtient l’Oscar de la meilleure chanson originale en 1988.
      Coïncidence : on la doit à Bill Medley, un des compositeurs de Unchained Melody, le tube de Ghost (1990), l’autre succès de Patrick Swayze !

    L’Après Dirty Dancing

    Le film sort aux États-Unis à l’été 1987 et personne ne croit en ses chances. La concurrence est rude : Le Flic de Beverly Hills 2, Full Metal Jacket, Les Incorruptibles
    Les producteurs envisagent de minimiser les dégâts avec une sortie directe en VHS !

    Et contre toute attente, Dirty Dancing remporte un succès mondial. Même pour la BO qui se vend 300.000 exemplaires en 15 jours !
    Le film prend une ampleur qui dépasse l’entendement, devenant une figure majeure de la pop culture. À la fin des années 1990, soit dix ans après sa sortie, 40.000 VHS sont encore vendus chaque mois dans le monde !

    Les acteurs n’auront pas les mêmes retombées dans leur carrière respective.
    Patrick Swayze ne pourra compter que sur Ghost (1990, Jerry Zucker) et Point Break (1991, Kathryn Bigelow) pour ne pas tomber dans l’oubli. Quant à Jennifer Grey, une rhinoplastie fait capoter sa carrière : le public ne la reconnaît plus.

    Avec le temps, Dirty Dancing connaît quelques dérivés.
    Allant du préquel latino en 2004 (Dirty Dancing 2  inspirée de la vie de la chorégraphe Joann Jansen, avec un caméo de Patrick Swayze) à la mini-série lamentable en 2017.

    Heureusement, les nostalgiques retrouvent des références au fameux porté dans d’autres films bien plus réussis.
    Revoyez-le réalisé par Vanessa Paradis et Romain Duris dans L’arnacoeur (2010, Pascal Chaumeil), ou par Emma Stone et Ryan Gosling dans Crazy Stupid Love (2011, Glenn Ficarra et John Requa).

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    2 commentaires sur “« Dirty Dancing », LE film de danse ultime !”

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