« Dumbo », l’envol du dernier « vrai » Disney (1941)

64 minutes devenues cultes

4ème Classique d’animation des Studios Disney
Sortie aux États-Unis : 1941.

dumbo

Le saviez-vous ?

  • L’histoire de Dumbo a été créée par l’illustratrice pour enfants Helen Aberson, qui la publia en 1939.
    Mais elle n’attira l’attention du grand studio que lorsqu’elle parut sous la forme d’un petit comic strip offert dans des paquets de céréales.
  • L’animateur Ward Kimball aurait pitché l’histoire de Dumbo à son patron Walt Disney, en moins de deux minutes, sur un parking.
  • Dumbo a reçu l’Oscar 1942 de la Meilleure partition pour un film musical et le Grand Prix du dessin animé au Festival de Cannes 1947.
  • C’était le long métrage préféré de Walt Disney.
    Sans doute pour son succès, malgré les difficultés endurées pendant sa création.



De quoi ça parle ?

Dumbo est une nouvelle version du Vilain Petit Canard. 

Tout comme ses copines du cirque, l’éléphante Madame Jumbo reçoit un bébé par transport spécial de cigogne.
Sauf que, surprise !
Son petit, Dumbo, a de très, très grandes oreilles, provoquant les moqueries des autres pensionnaires.
Quand Madame Jumbo se fait punir pour l’avoir défendu, il ne reste à l’éléphanteau que le soutien d’une souris, Timothée.
Ensemble, ils vont tenter divers numéros de cirque. En vain …
Jusqu’au jour où Dumbo va utiliser ses grandes oreilles pour voler, devant un public qui l’acclame.

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Pourquoi un film si court ?

Simplement parce que les caisses de Walt Disney étaient vides !

Certes, le premier long métrage, Blanche-Neige et les Sept Nains (1937), avait été un énorme succès.
Mais les suivants, Pinocchio (1940) et Fantasia (1940), avaient largement dépassé le budget prévu, avec moins de public.

Dumbo devait permettre le financement de futurs projets plus ambitieux …
Et il dépassa toutes les espérances !


Secrets de fabrication

Découvrez les trois raisons pour lesquelles Dumbo n’a failli jamais sortir en salles

1 – Le contexte politique

En 1939, Walt Disney mise sur l’international pour s’imposer.
Hollywood est une machine à films toute-puissante, rodée et ultra-productive qui ne craint pas les échecs.
Pour s’aligner, Disney doit faire de ses deux films annuels des succès planétaires !

Malheureusement, la Seconde Guerre mondiale a éclaté en Europe.
Le cinéma n’y est plus une priorité.

2 – L’égo

Pour réaliser Dumbo, Disney a fait appel à Ben Sharpsteen, un vétéran des Silly Symphonies (ces séries de courts métrages qui ont notamment vu naître Mickey).

Dans son équipe, il y a Arthur Babbitt, l’animateur qui imagina la démarche décalée de Dingo, la reine dans Blanche-Neige, Geppetto dans Pinocchio et la danse des champignons de Fantasia.
Que des animations acclamées par la critique …

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Planche de travail par Art Babbitt

Walt Disney le déteste, lui qui veut être le seul à recevoir les louanges.

La mauvaise entente entre les deux hommes devient publique.
Et les techniciens commencent peu à peu à rêver d’indépendance.

3 – La grève des studios

L’Oncle Walt perd alors de sa superbe paternaliste auprès des petites mains de son entreprise, fatiguées de ne pas recevoir leur part promise du gâteau.

En janvier 1941, alors que Dumbo est en pleine production, des centaines d’ouvriers informent la direction de leur adhésion à la Screen Cartoonists Guild (le syndicat des employés du secteur de l’animation).

Disney, furieux, s’oppose à cette décision.
Il essaie de dissuader les ouvriers en déclarant dans la presse vouloir délaisser l’animation pour le cinéma live.
Peine perdue, ils tiennent bon.

De plus, les journalistes commencent à enquêter sur le royaume Disney.
Et on est loin du conte de fée !
Pratiques salariales injustes, absence de contrats, retards de salaires, renvois sans explication …

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Une grève est déclarée le 28 mai 1941, qui dure jusqu’au 9 septembre !

Pendant cette période noire, Walt Disney perd son père, mais ce deuil ne le rend pas plus souple.
Les animateurs grévistes se font virer à tour de bras (pour le plus grand bonheur des studios Columbia, qui les récupèrent !).

Art Babbitt est l’un des premiers à partir, forcément !
Mais après qu’il ait terminé ses séquences sur Dumbo … Pas fou, Walt !

Disney clôture l’année de ses 40 ans, épuisé et désabusé.
Il abandonne son projet initial d’une major familiale, confie le département Animation à d’autres et se lance dans la création de parcs d’attractions.

Dumbo est le dernier projet créatif dans lequel Walt s’investit corps et âme.
La Mouse House (la maison de la souris) devient alors la Mouse Factory (l’usine de la souris).
C’est la fin du premier Âge d’Or pour les studios.

Des personnages pas si innocents …

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  • On retrouve une référence à la grève avec la scène des clowns, caricatures des animateurs en grève, voulant « frapper le patron pour une augmentation » (We’re gonna hit the big boss for a raise.)
  • Les animateurs ont décidé de ne pas faire parler Dumbo, puisque c’est un bébé !
    Ses expressions faciales ont d’ailleurs été inspiré par le propre fils de deux ans d’un animateur (Bill Tytla).
  • Les cinq corbeaux du film ont connu un grand succès avant de créer la controverse.
    Leurs langage et attitude ont été inspirés par les numéros de claquettes des Jackson Brothers et par la mouvance zoot.
    Dans les années 60, ils ont donc été considérés comme des caricatures racistes de la population afro-américaine.
  • Il y eut un autre héros éléphant Disney avant Dumbo : Elmer l’éléphant, personnage d’une Silly Symphony de 1936.
    Elle raconte l’histoire d’un pachyderme moqué pour ses oreilles et sa trompe, accepté après avoir sauvé une tigresse d’un incendie.
  • Le psychologue Ernesto Spinelli a créé un concept appelé « effet Dumbo ».
    D’après lui, la psychothérapie serait pour le patient comme la plume « magique » qui permet à Dumbo de voler : un artéfact temporaire qui permet l’auto-persuasion afin de se réaliser.

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