9 expressions avec des nombres

Des chiffres et des lettres !

Être au 3ème / 36ème dessous

Se dit : quand on est au bout du rouleau !
Date : Milieu du XIXe siècle

expressions nombres

L’expression vient du théâtre et des trois sous-sols placés sous la scène.
Quand une pièce était huée, les comédiens pouvaient se réfugier tout en bas, où on entreposait les accessoires.

Du coup, quand quelque chose va mal, on « tombe bien bas » …
Au troisième dessous, ou au 36ème (niveau apparu plus tard) si vraiment on veut faire dans le pathos !

Couper les cheveux en 4

Se dit : d’une action trop méticuleuse
Date : XVIIe siècle

Lui, il saurait faire …

Car on parle bien de couper le cheveu dans son épaisseur, et non pas sa longueur (ce qui serait trop facile, n’est-ce pas ?!).
L’expression d’origine est « fendre un cheveu en 4 ».
Pourquoi un cheveu et pourquoi 4 ? On ne sait pas …
Par contre, l’expression doit beaucoup à Marcel Proust qui l’utilisa dans son chef-d’oeuvre À la recherche du temps perdu :
« Vous m’aviez montré une oeuvrette un peu tarabiscotée où vous coupiez les cheveux en quatre. »

Être tiré à 4 épingles

Se dit : de quelqu’un très (trop ?) bien habillé
Date : fin du XVIIe siècle

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L’expression d’origine est « être bien tiré(e) » … Ce qui aujourd’hui n’a plus le même sens !
Pourquoi ce verbe ? Pour éviter les plis, signe que l’on prenait grand soin de sa tenue.

Quant au chiffre 4 (à nouveau), on pense, dans ce cas, qu’il s’agit d’une référence à la symétrie et au corps (les membres).

En tout cas, ce n’est que récemment que cette expression a pris un tour péjoratif.

Se mettre en 4

Se dit : lorsqu’on fait des efforts considérables pour rendre service
Date : XVIIe siècle

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Quand une image vaut mille mots !

L’expression d’origine est « se mettre en quatre quartiers », ce qui revient à dire « se décarcasser ».
Donc « ôter la carcasse », nous sommes d’accord !

L’expression évoque donc la boucherie et donc le sacrifice personnel extrême : donner sa vie (dans d’atroces souffrances !) pour autrui.

Être au 7ème ciel

Se dit : de l’extase
Date : Antiquité

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À cette époque, la Terre était le centre de l’univers.
Sept « planètes », contenues chacune dans une sphère de cristal, tournaient autour : le Soleil, la Lune, la troisième (celle de l’amour) Vénus, Mercure, Mars, Jupiter et la septième entourée d’étoiles, Saturne.
Croyait-on !

Forcément, pour définir le plaisir, on parlait d’être « ravi au ciel ».
L’orgasme conduisait « au troisième ciel ».
Mais le top du top, c’était d’accéder à la sphère divine, la plus éloignée, « le septième ciel ».

Et tant pis pour l’héliocentrisme et Copernic ! 

Se mettre sur son 31

Se dit : quand « on est tiré à 4 épingles » !
Date : ?

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Plusieurs théories pour cette expression.

  • Chaque 31 du mois, les soldats prussiens devaient nettoyer à fond leur barda.
  • Une référence au trentain, un drap luxueux que l’on pouvait porter (ou mettre sur soi, donc).
    Le mot aurait évolué jusqu’à se déformer en « trente et un ».
  • Un rappel de la Saint Ignace de Loyola, chaque 31 juillet, fête pour laquelle on offrait une nouvelle soutane aux novices jésuites.
  • Le goût des mathématiques !
    Car pour s’habiller beau, on porte du 9 (neuf), que l’on multiplie par 4 (toujours pour le maximum !).
    Ce qui donne 36 … et c’est justement une expression qui existait bien en France : « se mettre sur son trente-six » !

Choisissez la version qui vous convient le mieux !
(Nous, on sait au moins celle qui ne nous convainc pas !)

Voir 36 chandelles

Se dit : quand on est étourdi ou choqué.
Date : XVe siècle

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À l’origine, l’expression était « voir les chandelles », en raison des points lumineux que l’on peut voir avant un évanouissement.
Pour exagérer le bouleversement, on a ajouté des nombres croissants : « voir mille chandelles », puis « cent mille chandelles »

Alors pourquoi 36 ?
Il semble que ce soit une référence aux décans astrologiques.
Dans l’astrologie occidentale, les douze signes se divisent en trois, afin d’affiner le portrait d’une personne (c’est le même objectif pour l’ascendant).

« Voir 36 chandelles » reviendrait donc à dire que notre bouleversement a de quoi chambouler l’univers !

S’en moquer comme de l’an 40

Se dit : quand on n’est vraiment, mais alors vraiment pas interessé par quelque chose !
Date : ?

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Là encore, plusieurs hypothèses :

  • Une référence approximative au règne de Louis XVI.
    (Il a en fait régné en tant que dauphin ou roi de 1765 à 1792).
    L’expression aurait été inventée par les sans-culottes pendant la Révolution française.
    Et le nombre 40 relèverait de la symbolique religieuse (les 40 jours de Jésus dans le désert, le déluge pendant 40 jours et 40 nuits …).
  • Une blague des royalistes français, qui à la même époque, se riaient de la république, qui ne fêterait jamais ses 40 ans …
  • Une référence à la peur autour de l’An Mil. 
    D’après Charles Rozan (Petites ignorances de la conversation, 1868), certains avaient prédit la fin du monde pour l’an 1040.
  • Une déformation du mot « Alcoran », datant du XIVe siècle pour appeler le livre sacré des musulmans.
    Il existerait une expression proche : « ne pas s’y entendre plus qu’à l’Alcoran ».

Attendre 107 ans

Se dit : quand l’attente est longue et agaçante …
Date : Moyen-Âge

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L’expression fait référence aux nombres d’années nécessaires pour la construction de la cathédrale Notre-Dame à Paris.
Commencée en 1163, elle fut achevée en 1270.
On comprend l’impatience des Parisiens qui virent défiler plusieurs générations d’ouvriers sur un seul chantier.

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