L’Empereur George Lucas

Le papa de Star Wars

George Lucas est génial pour deux raisons. D’abord, pour avoir mixé plusieurs légendes dans un seul mythe moderne mais indémodable. Mais surtout, pour l’avoir fait avec les moyens du bord, bien avant l’ère numérique.
Voici comment a été conçue la saga.

De l’université à la lointaine galaxie

Né le 14 mai 1944, George Lucas n’est pas un enfant de la balle. Il rêve d’abord d’être pilote de courses jusqu’à ce qu’un accident l’oblige à trouver une nouvelle vocation. Malgré la réticence de son père, il intègre l’école de cinéma de l’université de Californie du Sud. Ses courts-métrages lui valent l’admiration et l’amitié d’autres réalisateurs, notamment l’étudiant Steven Spielberg et le débutant Francis Ford Coppola.

Grâce à ce dernier, George Lucas réalise (avec un budget de 777 777 $ !) THX 1138. Son premier long-métrage au pitch impossible (les personnages portant des prénoms à coucher dehors) est une ébauche des films à venir. On y trouve déjà la Force, un jumeau et un méchant qui se révèle être le père.

Malgré un certain succès critique, George Lucas est mécontent. Écoeuré par son partenariat avec les studios Warner, il fonde sa propre société de production Lucasfilm qui lui permet de contrôler ses oeuvres.

American Graffiti, est un film bien plus commercial qui s’adresse à un public adolescent. C’est le succès de l’été 1973 et il obtient plusieurs récompenses.

george lucas
Le cinéaste se lance donc dans le space opéra qui lui tient à coeur : Star Wars. Le tournage est loin d’être idyllique : tornade dévastatrice, problèmes d’heures supplémentaires … Et une fois monté, George Lucas déteste son film et refuse de le sortir à la date prévue, fin 1976. Les rushes sont retravaillés par son épouse, Marcia Lucas, et Richard Chew, deux monteurs de génie. Pour rassurer les studios, il organise une première projection privée, de la nouvelle version mais sans effets spéciaux … Autant dire que la plupart des présents, comme Brian de Palma, sont dépités ! Cependant, d’autres y croient et lorsque le film sort en 1977, l’énorme succès leur donne raison.

Initialement programmé dans 37 salles, il bat des records dans 36 d’entre elles. La distribution est donc amplifiée. Les Américains se ruent en masse pour voir et revoir La guerre des étoiles, l’un des films les plus rentables de l’histoire du cinéma. Quant à Lucas, il fait surtout fortune grâce aux produits dérivés dont il a négocié le contrôle. Il obtient donc ce qu’il recherchait : une totale indépendance.

Une trilogie à terminer …

Épuisé par la réalisation de l’Épisode IV, George Lucas confie la suite à un enseignant de son ancienne école, Irvin Kershner.
Aucun des deux cinéastes ne veut céder la garde du bébé. L’un a des idées précises et prend son temps, l’autre a beaucoup de mal à lâcher prise. George Lucas veut toujours superviser chaque étape. Mais difficile pour un même homme de s’occuper du financement, de la production et de la réalisation en même temps.george lucas

Le montage n’est pas de son goût, il trouve le rythme du film trop lent. Il tente de le refaire lui-même, le résultat est pire. Lucas se laisse convaincre par la première version et se concentre sur le développement du merchandising. Non seulement la suite connaît un succès encore plus grand, mais l’Empire contre-attaque (1980) est préféré par le public et la critique.

Le retour du Jedi (1983) connaît moins de rebondissements, George Lucas ayant choisi un réalisateur plus malléable, Richard Marquand. Son premier choix était son ami Steven Spielberg, mais celui-ci est membre de la Directors Guild of America, avec qui Lucas est brouillé.
Le troisième volet plaît moins que le précédent mais la trilogie se ferme honorablement.

… Une autre à réaliser.

Pendant environ une décennie, George Lucas abandonne les étoiles et revient sur Terre. Star Wars est aussi fascinante qu’épuisante. Après avoir envisagé d’en faire douze films, il déclare en 1987 vouloir renoncer aux suites. Il veut se consacrer à d’autres projets, en particulier Indiana Jones.

Seulement voilà : il n’y a que les sots qui ne changent pas d’avis … En 1994, il retravaille ses notes initiales et s’intèresse particulièrement à la jeunesse de Dark Vador, figure charismatique qui a enchanté le public à la grande surprise de Lucas.

george lucas
Après avoir remasterisé la première trilogie, il réalise les trois volets de la seconde. La critique est mitigée pour l’Épisode I (1999) et les fans de la première heure s’en prennent notamment au personnage de Jar Jar Binks. Pour l’Épisode II (2002), premier film entièrement tourné en numérique, c’est l’interprétation de Hayden Christensen qui subit les foudres du public.  La critique est meilleure pour l’Épisode III (2005).

On accuse George Lucas d’avoir dénaturé la saga et d’en avoir fait une machine commerciale. Quoiqu’on en pense, force est de constater que le public est présent et le succès planétaire.

Planète Mickey

En octobre 2012, on apprend que George Lucas a vendu l’intégralité de sa société Lucasfilm pour la modique somme de 4 milliards $. Disney est désormais responsable d’une galaxie entière, après avoir fait l’acquisition de toute une clique de super-héros en 2009 (et oui, Marvel, c’est aussi Mickey !).

george lucas
Pour 4 milliards, vous aussi vous auriez fait la photo !

George Lucas était sensé être consultant sur les prochains films Star Wars. Mais la trame qu’il avait rédigée (la reconstruction de la République, Luke amoureux …) n’a pas été retenue par Disney. À partir de l’Épisode VII, il a découvert les opus comme un spectacteur lambda et pas toujours avec joie. Le scénario du Réveil de la Force lui rappelle trop Un Nouvel espoir de 1977.

Sensation partagée par la majorité des spectateurs et dissipée par le visionnage de l’Épisode VIII. ll ne manque désormais plus qu’un volet pour savoir si l’équipe de la très riche souris est à la hauteur d’un Wookie.

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