« Grease » : la brillantine 40 ans après !

T-shirts noirs, courses de voiture et pantalons ultra moulants !

Grease : de quoi ça parle ?

Malgré une intro musicale anachronique (composée par un des « très disco » Bee Gees), l’histoire se déroule aux États-Unis en 1958.
Pendant l’été, la naïve Sandy Olsson (jouée par Olivia Newton-John) vit une amourette de vacances avec le romantique Danny Zuko (joué par John Travolta).
Par hasard, ils se retrouvent, en septembre, dans le même lycée, et là … c’est le drame !
Danny fait partie d’un gang (enfin, en version gentillette …), et ne semble plus être le jeune homme dont elle est tombée amoureuse.
En apparence …grease

Vous l’aurez compris, Grease est une romance sans rebondissement, juste entrecoupée de chansons devenues célèbres.
Rien d’ambitieux.
Les filles ne pensent qu’aux garçons. Les garçons ne pensent qu’aux filles (et aux voitures !). Et tous usent (et abusent) de la brillantine qui pègue ! Mais c’est frais et ça fait 40 ans que c’est un classique !

Un producteur Rock’n’Roll

En 1971, la mode était aux comédies musicales … capillaires ! Hair, Jésus Christ Superstar … autant de succès à Broadway, qui font oublier le traumatisme de la guerre du Viêt Nam. Grease est donc écrit par Jim Jacobs et Warren Casey dans cette ambiance de fête tant recherchée par la jeunesse américaine.

Le livret est repéré par un personnage haut-en-couleurs, Allan Carr. Ce représentant d’acteurs et producteur à Broadway décide de se lancer dans la production du film … et ça promet ! Ancien assistant de Hugh Hefner (le fondateur de Playboy Magazine), il est le roi de la nuit new-yorkaise et fait se côtoyer Mick Jagger et Salvador Dalí dans des fêtes grandioses et décadentes.

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Certaines idées de Carr pour Grease sont des folies budgetaires ou des lubies irréalisables.
Par exemple, il voulait faire jouer les T-Birds et les Pink Ladies, les bandes autour de Danny et Sandy par la fine fleur de New-York. Le fils du président Ford, le fils de l’actrice Lucille Ball … Mais aussi l’acteur porno Harry Reems dans le rôle de l’entraîneur et les Beach Boys comme interprètes de « Greased Lightnin' ».
Une première production qui aurait fait parler mais qui aurait coûté cher, très cher !

Allan Carr revit ses aspirations à la baisse (et pour le mieux !) grâce à l’arrivée de l’acteur principal sur le projet …

Des acteurs inoubliables

John Travolta, le drame avant la gloire

greaseSe sachant quelque peu inexpérimenté dans la production hollywoodienne, Allan Carr s’était associé avec Robert Stigwood, autre homme de Broadway. Et c’est lui qui découvrit et imposa John Travolta dans La Fièvre du Samedi Soir (1977) de John Badham.
Sur l’acteur reposaient tous les espoirs des producteurs, qui voyaient en lui une future star.  John Travolta était donc traité comme un coq en pâte et il en avait bien besoin …

Peu de temps avant le début du tournage de Grease, Travolta a perdu sa compagne, Diane Hayland.
Difficile de jouer un adolescent insouciant dans ses conditions. L’acteur se plonge dans la spiritualité. Il passe ses heures creuses à méditer et à faire des impositions de mains sur les membres de l’équipe !

Malgré tout, le tournage se passe sans encombres. La scène la plus difficile est celle du concours de danse, tournée dans le gymnase d’un lycée, pendant cinq jours de canicule californienne. Tous les acteurs peinent à la terminer …

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Olivia Newton-John, la reine du pantalon en lycra !

… En particulier l’interprète de Sandy qui a connu les longues heures de chaleur, prisonnière d’un pantalon devenu mythique. La relique des années 50 à la fermeture-éclair cassée doit être cousue sur le corps d’Olivia. Interdiction d’aller aux toilettes pendant la journée de tournage et donc pas d’eau malgré des températures infernales !grease

Olivia Newton-John doit le rôle le plus important de sa carrière à John Travolta.
Sandy devait être jouée par Carrie Fisher, fille de Debbie Reynolds (Singin’ in the Rain) et future princesse Leia de Star Wars. Mais elle chantait faux ! Allan Carr pense alors à l’actrice australienne rencontrée lors d’un dîner. Problème : elle a 7 ans de plus que John Travolta et 29 ans, c’est beaucoup pour faire la lycéenne ! C’est sans compter sur l’acteur qui a flashé sur Olivia.

« La raison pour laquelle j’ai insisté pour Olivia est, qu’à cette époque, tous les garçons des États-Unis voulaient l’avoir pour fiancée. Et je pensais la même chose. Ça donnait de la vraisemblance à l’histoire. » John Travolta (extrait des extras du DVD 20ème anniversaire).

De plus, rappelons qu’Olivia Newton-John n’était pas la plus âgée du casting ! Stockard Channing, l’interprète de Rizzo, avait 33 ans, soit plus que le propre réalisateur de Grease !

Un réalisateur de séries télé

Randal Kleiser avait partagé sa chambre universitaire avec un certain George Lucas. Ses premiers travaux en tant que réalisateur sont télévisuels, notamment pour la série Starsky et Hutch (1975). Quant aux comédies musicales, son unique expérience se résume à de la figuration dans des films avec Elvis Presley !

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Pourtant, c’est le réalisateur idéal pour John Travolta. Il lui laisse quasiment la mise en scène et suit ses caprices sans rechigner (comme ne filmer que son meilleur profil). Travolta s’approprie également le chant de « Greased Lightnin' », sensé être mené par Kenickie (Jeff Conoway).

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Après Grease, Randal Kleiser réalisa notamment Croc Blanc (1991) avec Ethan Hawke et Chérie, j’ai agrandi le bébé (1992).
Mais la comédie musicale est son plus grand succès.

Grease, un classique

Malgré des critiques assassines à sa sortie, Grease avait le record du film musical au plus grand nombre d’entrées, jusqu’à la sortie de Mamma Mia ! en 2008. Avec 6 millions de dollars de budget, il en a rapporté 400 millions.
Les chansons « Grease » et « You’re the one that I want » furent numéro 1 à la radio. Le titre « Hopelessly devoted to you », spécialement composé pour Olivia Newton-John, seulement numéro 3, mais obtint une nomination aux Oscars.

Malgré l’apogée du punk en ces débuts 80, Grease a fait vibrer une génération de trentenaires, grâce à une version édulcorée et idéale des années 50. Et 40 ans plus tard, c’est une nostalgie rêvée qui nous séduit encore …

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