D’où ça vient : Halloween

« La salsa du démon … »

« Halloween » : Les Origines 

Pour comprendre l’étymologie du mot, remontons dans le temps …

À Rome, fais comme les romains !

En 613, le pape Boniface IV décide que les martyrs chrétiens méritent bien un petit hommage ! Il choisit le 13 Mai comme jour de fête en leur honneur. La date n’est pas innocente. C’est le jour anniversaire de la consécration catholique du Panthéon, qui remplaçait déjà la fête païenne des Lemuria (spectres malfaisants de la Rome Antique).

Au IXème siècle, le pape Grégoire IV décide d’étendre la fête des martyrs romains à « tous les saints ». Il faut une nouvelle date : ça sera le 1er Novembre, fête celtique de Samain, afin de la christianiser.

Diverses célébrations se mettent en place au fil du temps (comme la commémoration des fidèles défunts chaque 2 novembre) et les régions y puisent leur propre folklore.
Mais en Europe, tout culte des morts tourne autour de la fête majeure, la Toussaint du 1er Novembre.
C’est pourquoi la fête du 31 octobre s’appelle Halloween, terme provenant de l’anglais : « All Hallows Eve », « la veille de tous les saints »(« Hallow » est une forme archaïque de « holy ».)

Samain, le réveillon des fantômes

Ainsi Halloween s’inscrit dans une des quatres célébrations celtiques, la fête de l’automne : Samain en Irlande ou Samonios en Gaule.

Pour les Gaels, elle dure une semaine entière et s’articule autour de la pleine lune de novembre.
Il s’agit pour eux de marquer la fin d’une période d’activité (le temps de la guerre, le travail dans les champs) pour entrer dans la saison sombre et un nouveau quotidien.
Samain marque la rupture avant un recommencement, comme une sorte de nouvel an pour les celtes.

Mais cette semaine de célébrations est également une parenthèse hors du temps.
Les druides la voient comme l’occasion de connecter le monde des vivants au Sidh (l’au-delà).
Selon leurs croyances, les hommes peuvent côtoyer les démons et les dieux (les Tuatha Dé Danann). Jusqu’à la nuit de fermeture du passage, la fin de Samain.

De l’Irlande à l’Amérique

Tous comme les Romains, qui assimilaient les croyances des peuples conquis, les Irlandais, devenus chrétiens, ont fait un mix des anciens et nouveaux rites.
Ainsi, certains détails de la religion druidique nous sont parvenus, bien des siècles après.

Un évènement historique y a contribué : la Grande Famine de 1845.
À cause des conflits avec la Grande-Bretage, ainsi que l’apparition du mildiou qui détruit les récoltes de pommes de terre, l’Irlande subit une véritable catastrophe démographique.
Pour survivre, plus de 2 millions d’irlandais sont contraints de s’installer aux États-Unis.

Si cette émigration massive a contribué au déclin de la langue gaélique (auparavant parlée par 90% de la population irlandaise), les us et coutumes ne se sont pas totalement perdus.
Ainsi on retrouve de nombreuses références à l’Irlande dans les célébrations devenues populaires en Amérique.

Les fetes des morts dans le monde

  • En Afrique : La danse des Egungun
  • Au Japon : Le festival d’O-Bon
  • En Chine : la fête de Qing Ming (Qingmingjie) et la fête des fantômes (Zhongyanjie)
  • Au Mexique : Le Jour des Morts (Día de Muertos)

Pourquoi la citrouille ?

Bonne question ! Surtout qu’à l’origine, le symbole d’Halloween n’était pas la citrouille, mais … le navet !
Il fallait également le sculpter pour y faire contenir une bougie. Une fois la tradition exportée en Amérique, la citrouille fut choisie car elle poussait sur place et sa largeur la rendait plus facile à travailler.

Alors, reformulons la question … Pourquoi le navet ? Pour commémorer Jack’o’Lantern (Jack à la lanterne).

Cette expression anglaise serait apparue vers 1660 pour parler d’un veilleur de nuit.
Elle désignait également les feux follets, ces combustions de divers gaz émis par les cadavres et que l’on prenait pour des revenants.

C’est surtout le personnage d’une légende issue de la tradition orale et transcrite pour la première fois en 1835 dans le Dublin Penny Journal. 

La Legende de Jack’o’Lantern

En sortant de la taverne, Jack, un ivrogne, rencontre le Diable, qui lui propose un pacte pour son âme.
Jack réussit à le tromper et gagne ainsi dix ans de vie avant de payer son dû.
Une fois la décennie écoulée, l’ivrogne ruse à nouveau et obtient du Diable la promesse qu’il ne prenne jamais son âme.
Cependant, Jack finit par mourir. En raison de sa vie de débauche, le paradis lui est interdit. Et il ne peut non plus aller en enfer.
Jack doit donc errer pour l’éternité entre les mondes. Le Diable lui donne un morceau de charbon, qu’il place dans un navet creusé en forme de lanterne. Il éclaire ainsi son chemin dans l’obscurité.

Toc – Toc – Toc !

De nos jours, Halloween est surtout l’occasion de porter des déguisements effrayants, et d’aller de porte en porte pour demander des bonbons.

Dans les pays anglophones, les enfants crient « Trick or treat ! » (« Farce ou friandise ! »), ce qui, en France, est devenu « Des bonbons ou un sort ! ».
Cette tradition de demander de la nourriture existait déjà en Irlande, où les enfants pauvres récitaient des prières en échange de soul cakes (gâteaux de l’âme). Puis, autour de 1930, les pays du Commonwealth ont adopté le trick-or-treating.

Les déguisements sont utilisés pour donner l’illusion que les défunts sont revenus hanter les vivants. C’est pourquoi Halloween utilise l’imagerie de la mort (squelettes, fantômes …), la superstition (hiboux, chats noirs …) et la magie (vampires, sorcières, loups-garous …).

La GUY fawkes night 

Celle que l’on appelle aussi Bonfire Night est une autre célébration macabre très populaire en Grande-Bretagne. Elle a lieu chaque 5 Novembre.
Guy Fawkes était un des traîtres à la Couronne anglaise, ayant planifié en 1605 l’assassinat du roi Jacques Ier et la destuction du Parlement. L’attentat fût déjoué et les conspirateurs torturés, puis condamnés à être pendus, traînés et écartelés (hanged, drawn and quartered, le supplice du crime de haute trahison).
Cependant, Guy Fawkes réussit à échapper au bourreau, sauta de l’échafaud et volontairement se brisa le cou, pour abréger ses souffrances.
Lors de la Guy Fawkes Night, les enfants préparent des marionnettes à l’effigie du traître ou d’un personnage célèbre. Après l’avoir promené de maison en maison pour demander « a penny for the Guy », ils les brûlent le soir, lors de feux de joies qui augurent la fin des malheurs pour l’année suivante.
Dans certaines villes d’Irlande du Nord, Halloween et la Guy Fawkes Night sont célébrés le même soir.

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