« Jaune-rouge-bleu » : Que représente la célèbre peinture de Kandinsky ?

Un indice : pensez à Charles Trenet !

C’est la plus connue des œuvres de Kandinsky et pourtant peu de monde sait ce qu’elle représente.
On vous raconte ce que cache Jaune-rouge-bleu.

Jaune Rouge Bleu

Que voit-on ?

Jaune-rouge-bleu est réalisé sur une grande toile rectangulaire dont les dimensions (128 x 201,5 cm) se rapprochent du nombre d’or.

L’oeuvre est composée de deux blocs principaux.
_ À gauche, des figures géométriques avec de fines lignes droites, où prédomine le jaune (triangle) ;
_ À droite, des formes libres aux couleurs qui s’assombrissent progressivement, allant du rouge (carré) au bleu (cercle).

« Ma partie gauche est géométrique.
On y voit des lignes droites, fines, des carrés, des rectangles. C’est clair, c’est ensoleillé.
A droite, en face, c’est la ligne courbe, le geste manuel sur des couleurs plus sombres, plus froides, le bleu.
Et au milieu, le rouge. »
– Vassily Kandinsky

Pourquoi un tel mélange ?

Parce qu’il correspond à l’entre-deux époques d’un artiste.

En 1921, Vassily Kandinsky a consacré plusieurs années au développement de la politique culturelle de son pays natal, la Russie.
Cependant, l’art abstrait déplaît aux Soviétiques qui le jugent contraire aux idées socialistes.

Avant d’être interdit, l’artiste accepte une offre d’emploi en Allemagne.
Il y travaille avec le novateur urbaniste Walter Gropius (1883-1969), fondateur de l’école d’architecture Bauhaus.
Pendant cette collaboration, la peinture de Kandinsky s’adapte à leur rigueur géométrique.

Mais en 1925, un nouvel évènement politique influence l’artiste.
La droite allemande réussit à fermer le Bauhaus, alors installé à Wermar.
Alors que l’école rouvre à Dessau-Rosslau, Kandinsky reste sur place.
Il change de style, renouant avec son goût pour les lignes courbes et le dégradé de couleurs. 

Jaune-rouge-bleu, peint en 1925, illustre cette période charnière : quand Kandinsky invente l’abstrait lyrique.

« Le Soleil a rendez-vous avec la Lune … »

Charles Trenet l’a chanté, Kandinsky l’a fait !
Jaune-rouge-bleu représente bien le soleil et la lune.

L’astre diurne est un visage jaune et rayonnant.
Alors que le nocturne est un cercle bleu foncé sur lequel se superposent plusieurs formes.

Au centre de la composition, la rencontre des deux astres fait naître le rouge, troisième couleur primaire.

« Jaune et bleu par rapport au rouge …
Phoebus et la Lune s’évitent et se retrouvent quand même entre jour et nuit comme l’aurore et le couchant.
Naissance mystérieuse du rouge par la tendance simultanée à l’éloignement et à l’ascension du jaune et du bleu. »
– Notes de cours de Kandinsky

Jaune-rouge-bleu transpose ainsi une des théories du Traité des couleurs de Goethe (1749-1832).
Le romancier voyait le rouge comme le résultat de l’intensification du jaune et du bleu.
Kandinsky en fait la couleur de l’aube ou du crépuscule, au choix.

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