L’incroyable vie de Joséphine Baker

Entre Cendrillon et Mata Hari

Joséphine Baker a tout fait, tout vu, tout connu.
Des théâtres de Broadway aux Folies Bergères, en passant par la Résistance française et le Mouvement des Droits Civiques américains.

On vous raconte pourquoi tant l’artiste comme la femme sont inoubliables, cinquante ans après sa mort.  

Cendrillon des Années folles

Freda Josephine McDonald naît à Saint-Louis (États-Unis) en 1906.

Joséphine Baker

Enfant de la balle, mais sans le sou, la jeune fille doit rapidement travailler comme danseuse pour subvenir aux besoins de sa famille.
À 15 ans, elle épouse son deuxième mari, Willie Baker, dont elle gardera le nom, malgré leur rapide divorce.

Malgré sa jeunesse, Joséphine est hardie : elle écume les castings à Broadway, part en tournée avec des troupes d’artistes noirs.
Jusqu’à ce qu’on lui propose d’être la vedette de la Revue Nègre à Paris

L’ancienne artiste de rue jugée trop petite et laide devient, dès 1927, la coqueluche des Folies Bergère mais pas que.
Sa notoriété dépasse les frontières : elle devient la première femme noire star en Europe

Joséphine Baker

Artiste multi-facettes et révolutionnaire

Les performances scéniques de Joséphine Baker sont innovantes. 

Elle s’y produit avec son guépard Chiquita, danse un charleston endiablé, fait des grimaces, se montre seins nus et avec une ceinture de bananes.

Joséphine Baker

Elle change les modes.
La valse laisse la place aux déhanchés frénétiques du charleston et du jazz.
Les femmes adoptent sa coiffure plaquée à la brillantine qui porte son nom.

Comme tout semble lui réussir, Joséphine tente le grand écran.
Mais, son premier film muet, La Sirène des tropiques (1927), fait un flop. 

Heureusement sa musique plaît encore.
“J’ai deux amours” (1930) est un immense succès qui perdure quand Baker change de style et s’attaque à l’opérette (La Créole d’Offenbach). 

Militante anti-raciste

À ses débuts, Joséphine Baker fascine un Tout-Paris avide d’exotisme mais aussi des caricatures racistes d’une Afrique dominée.
Son style est transgressif et ses tournées affolent des pays qui vont bientôt basculer dans le fascisme.

Ainsi, l’Église catholique parvient à faire interdire ses spectacles dans de grandes capitales, comme Vienne ou Munich.
Les manifestations racistes empêchent certaines représentations d’avoir lieu.
Pourtant, Joséphine Baker ne renonce pas.

Il en est de même après-guerre.
Elle retourne plusieurs fois aux États-Unis y relancer sa carrière et en profite pour se déclarer en faveur du mouvement des droits civiques.
Joséphine Baker subit la ségrégation et l’hostilité de certains journalistes.
Peu importe ! Elle interdit toute forme de discrimination à l’entrée de ses spectacles.
En 1963, Joséphine Baker participe avec Martin Luther King à la Marche sur Washington.

Héroïne de guerre

Avant ça, Joséphine Baker s’est illustrée pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dès 1939, elle est recrutée par les services de contre-espionnage français.
Sa célébrité lui ouvre les portes des soirées mondaines parisiennes où elle recueille les confidences des officiers.

Puis, c’est l’Occupation et Joséphine Baker s’engage aussitôt pour la France Libre du Général de Gaulle.
Elle s’installe de 1941 à 1944 en Afrique, où elle soutient les troupes alliées sous couvert de tournée artistique.
Marrakech, Le Caire, Beyrouth, Damas … Joséphine transmet les messages secrets qu’elle cache dans ses partitions ou dans son soutien-gorge !

À la Libération, la chanteuse est toujours un soutien actif : concerts pour les soldats, activités pour la Croix-Rouge …

À la fin de la guerre, Joséphine Baker recevra la médaille de la Résistance française, les insignes de chevalier de la Légion d’Honneur et la Croix de guerre.

Joséphine Baker

Éternelle amoureuse

Côté vie privée, Joséphine Baker n’a pas eu que « deux amours » !
Elle a multiplié les mariages et les aventures.

Parmi ses passions les plus célèbres : le romancier Georges Simenon (créateur de Maigret), mais aussi l’écrivaine Colette et la peintre Frida Kahlo.

C’est son troisième mariage, en 1937, avec Jean Lion, un riche courtier, qui lui permet d’obtenir la nationalité française.

Mais sa relation la plus importante est sans doute avec son quatrième mari, le chef d’orchestre Jo Bouillon, avec qui elle fonde une famille …

Mère utopiste

Malgré plusieurs fausses couches douloureuses, Joséphine veut former une grande famille.
Avec Jo Bouillon, elle adopte douze enfants de différentes nationalités.

La grande famille s’installe au château de Milandes, en Dordogne, où Joséphine rêve de construire un parc d’attraction touristique.
Elle y fait bâtir deux hôtels, un mini-golf, des courts de tennis, un musée de cire, et jusqu’à un héliport.

Le projet est un puits sans fond qui perd la peu pragmatique artiste.
Malgré les concerts qu’elle continue de donner et l’aide d’autres célébrités, comme Brigitte Bardot et Jean-Claude Brialy, Joséphine Baker s’endette. En 1968, elle doit définitivement renoncer à sa « maison du bonheur ».

Logée à Monaco par son amie, la princesse Grace, Joséphine Baker continue de travailler pour éponger ses dettes jusqu’à sa mort en 1975.

Joséphine Baker

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