« La Joconde » : le Vrai / Faux de la plus énigmatique des peintures

8 mystères résolus … ou pas !

Peinture à l’huile de 77 x 53 cm
Réalisée par Léonard de Vinci, entre 1513 et 1519 (correspondance stylistique)
Exposée au Musée du Louvre
la joconde

1 – La Joconde porte le deuil : Faux !

Des vêtements noirs associés au sourire mi-triste … Et la rumeur est lancée !
Pourtant, il semble que Mona Lisa n’était pas en deuil.

Ses vêtements ont simplement été assombris par les successions de couches de vernis.
De plus, le voile noir, qui plaque sa chevelure, est une coiffure traditionnelle au XVème siècle.

Si Léonard de Vinci ne lui fit pas porter de bijoux, c’est pour marquer son manque de vanité et en faire une oeuvre intemporelle.
Mais ce n’était pas sa première idée.
Une numérisation multispectrale a décelé une coiffe en perles et divers ornements d’abord peintes, puis retirées.
Une autre preuve que pour le peintre, Mona Lisa ne portait pas le deuil.

2 – Elle n’a pas de sourcils : Vrai !

Pourquoi La Joconde ne paraît-elle avoir ni cils, ni même de sourcils ?
Question existentielle et on remercie les experts qui s’y sont longtemps consacré !
Réponse : Parce qu’ils n’y sont plus !

Les cils et sourcils ont été effacés au milieu du XVIème siècle.
À cette époque, les nobles dames ont cédé à la mode lancée par les prostituées de s’épiler le visage.
Quelqu’un a donc voulu la rendre sexy !

3 – Ses mains cachent un secret : Vrai !

Lequel ? Et bien que Da Vinci ne savait pas quoi en faire !
En les regardant de plus près, il y a comme un hic !
Au point que les experts considèrent la main gauche comme inachevée voire bâclée.

En 2004, une étude multispectrale révèle que le peintre a beaucoup travaillé la position de l’index et du majeur de la main gauche.
Mais aussi qu’une couverture tombant sur les genoux était prévue …

Moralité : même les génies ont des doutes et jettent l’éponge !

4 – On sait ce qui la fait sourire : En cours …

Un détail qui fait parler depuis des siècles …
Une véritable source à fake news !

Pourtant, son sourire s’explique simplement avec l’utilisation géniale d’un jeu d’ombres (technique du sfumato).
Mais concernant la raison qui le fait naître, toujours rien !

En 2005, un logiciel de reconnaissance des émotions a déterminé que ce sourire exprimait :

  • 83% de bonheur,
  • 9% de dédain,
  • 6% de peur,
  • 2% de colère
  • et 1% de neutralité.

Pour certains experts, La Joconde serait juste en paix car enceinte.
(Ce qui est peu probable, d’après le point 8 ci-dessous …)

D’autres ont des théories bien plus insolites.
Ce sourire serait un symptôme d’asthme, de paralysie faciale ou d’hypothyroïdie !
Ou juste une coquetterie, pour cacher des dents manquantes !

5 – Le paysage a un sens : Peut-être !

Comme le modèle au premier plan, le paysage en fond fait beaucoup parler.
Le lieu représenté ne fait même pas l’unanimité : pour certains, il s’agirait du Montefeltro ; pour d’autres, la Toscane.

Quant au pont, une historienne de l’art a dit y voir une référence à celui de la ville de Bobbio.
Mais un autre y voit le symbole du temps qui passe


6 – La Joconde a toujours été au Louvre : Faux !

Mona Lisa est une globe-trotteuse !
La faute à l’engouement qu’elle suscite mais aussi aux guerres qui ont touché la France.

Jusqu’à sa mort en 1519, Léonard de Vinci emporte La Joconde partout avec lui.
D’Italie en France donc, quand le roi François Ier le fait venir.

Dès 1518, le tableau fait partie de sa collection privée.
Il orne divers résidences royales : le château de Fontainebleau, le palais du Louvre, le palais des Tuileries puis le château de Versailles.
La Joconde fait de multiples va-et-vient, de l’un à l’autre, suivant le bon plaisir des monarques successifs.

Elle devient populaire au milieu du XIXème siècle.
On la protège donc pendant la guerre franco-allemande de 1870, dans le complexe souterrain de l’Arsenal de Brest. 

Mona Lisa revient ensuite au Louvre, mais se fait volée en 1911.
Ô rage, ô désespoir ! La police soupçonne le poète Guillaume Apollinaire et même le peintre Pablo Picasso !
Le tableau est en fait caché dans le double fond d’une valise, sous le lit d’un vitrier, Vincenzo Peruggia.
Il reprend sa place au Louvre en janvier 1914.

Nouveau voyage vers Bordeaux, puis Toulouse pendant la Première Guerre mondiale.
Et pour la Seconde, Mona Lisa se fait à nouveau évacuée vers le château de Chambord et celui d’Amboise, puis à Montauban et chez des anonymes dans le Lot.

La Joconde est réinstallé au Louvre en juin 1945.
Mais son périple n’est pas fini !
L’oeuvre commence alors son Tour du Monde.
Expositions aux États-Unis en 1962, au Japon et à Moscou en 1974.

Et retour à domicile où elle prend désormais sa retraite bien méritée !
Le Louvre serait bien bête de l’en priver, puisque la moitié de ses millions de visiteurs ne viennent que pour elle !

7 – Copiée, jamais égalée : Faux !

Car Léonard de Vinci a créé deux Joconde !
Et on ne parle pas des nombreuses copies réalisées à travers les siècles.
Comme celle retrouvée au musée du Prado en 2012, sans doute l’oeuvre d’un de ses proches disciples.

Mais de La Joconde Nue (ou Monna Vanna), un dessin au charbon conservé au musée Condé, que plusieurs sources attribuent au grand maître.
En les comparant, on voit bien la ressemblance !

la joconde

8 – On sait qui est Mona Lisa : Toujours pas !

Autant vous le dire d’emblée, on ne le sait pas !
Mais des théories tentant d’y répondre, il en existe une bonne dizaine.
En voici trois (les plus probables) :

Hypothèse 1 : Lisa Maria Gherardini

Le nom Mona Lisa viendrait alors d’une déformation de « ma donna Lisa » (« madame Lisa »).
Et la Joconde, du nom de son mari : Francesco di Bartolomeo di Zanobi del Giocondo.

Lisa Maria l’épouse à 16 ans, alors que lui en a 19 de plus.
Ils auront cinq enfants, dont quatre sont morts avant 1507.

Le père de Léonard était le notaire des servites de Marie, l’ordre qui administrait une église appartenant à Francesco del Giocondo.
C’est donc tout naturellement que celui-ci se serait tourné vers le peintre pour réaliser un portrait de sa jeune épouse.

Hypothèse 2 : Catherine Sforza

Cette princesse italienne a (présument) été représentée par Lorenzo di Credi dans La dame aux jasmins.
Et son visage dans le portrait pourrait se superposer au visage de Mona Lisa … Paraît-il !

Hypothèse 3 : Un homme !

Cette théorie naît de la ressemblance entre la Joconde et une autre oeuvre de De Vinci : Saint Jean Baptiste.
L’homosexualité du peintre étant avérée, certains experts pensent aussitôt à une représentation de son assistant Salai.
Il y en a même qui voit, dans les craquelures de peinture, un L et un S dessinés dans chacun des yeux de La Joconde.

À vous de choisir l’hypothèse qui vous plaît le plus.
Car en fin de compte, la véritable source d’inspiration, on ne la saura jamais !la joconde




Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*