« La Planète des Singes » (1968)

Et Dieu créa le singe

Film de science-fiction réalisé par Franklin J. Schaffner
Sortie : 1968
Adaptation du roman éponyme de Pierre Boulle, publié en 1963

la planète des singes

Le saviez-vous ?

  • L’auteur du roman La Planète des Singes, Pierre Boulle (1912-1994), a également écrit, en 1952, Le Pont de la rivière Kwaï, adapté au cinéma en 1957 par David Lean.
  • En 2001, La Planète des Singes de Schaffner est entré au National Film Registry (les films conservés à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis).

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De quoi ça parle ? (Spoiler)

Les trois survivants, dont le capitaine Taylor (Charlton Heston), découvrent un monde dominé par différentes espèces de singes évolués.
Les quelques humains présents sont revenus à un état primitif et traités en esclaves.
Le capitaine Taylor, blessé à la gorge, est mis en cage avec l’une d’entre elles, Nova (Linda Harrison), en attendant d’être castré sur ordre du Dr. Zaïus (Maurice Evans).

La survie de Taylor dépend de deux chimpanzés scientifiques, la psychologue Zira (Kim Hunter) et son fiancé, l’archéologue Cornélius (Roddy McDowall).
Ils parviennent à s’enfuir vers la zone interdite, où se trouvent les restes d’une civilisation non simienne.

Zaïus et ses soldats les rattrapent, détruisent les ruines humaines mais laissent partir Taylor et Nova.

La scène finale, devenue culte, montre Taylor et Nova, sur une plage.
Ils découvrent les vestiges de la Statue de la Liberté, révélant que la planète des singes est en réalité la Terre du futur.
Taylor tombe à genoux, maudissant l’humanité qui a détruit le monde.

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Différences entre le film et le roman

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La Planète des Singes de Pierre Bouille est plus qu’une oeuvre de science-fiction.
Il y dénonce les comportements humains qui pourraient dériver et menacer la civilisation.

  • Le roman débute par un couple de chimpanzés qui fait du tourisme dans l’espace.
    Il y découvre le manuscrit d’Ulysse, un journaliste humain ayant accompagné une mission spatiale en 2500.
    Le film raconte directement son histoire et le remplace par le capitaine Taylor.
  • Dans le roman, les hommes primitifs sont nus.
  • Pour des raisons de budget, le film a dû créer une société primitive alors que dans le roman, les singes ont des engins et des habitations futuristes.
  • Dans le roman, pas de Statue de la Liberté (une fin qui n’a pas plu à Pierre Boulle).
    Ulysse, Nova et leur bébé Sirius quittent la planète Soror et retournent sur Terre, elle-aussi dominée par des singes évolués.

    la planete des singes
    Une référence aux singes de la sagesse !

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Secrets de fabrication

La naissance du projet

Le scénario de La Planète des Singes n’emballe d’abord pas les studios.
Mais c’est finalement la Fox qui s’y colle, à condition que le maquillage des singes soit convaincant.

L’adaptation du roman est alors confiée à Rod Serling, l’auteur de la série La Quatrième Dimension.
Avant d’obtenir le scénario final, il en rédige plus de 30 ébauches pendant un an.

Puis son script est remanié par Michael Wilson, une victime du maccarthysme, inscrit en 1951 dans la liste noire d’Hollywood.
Il en gomme l’aspect SF et lui donne une dimension politique à la Orwell.
La Planète des singes mélange alors les genres : blockbuster, dystopie, dénonciation de la société en pleine ségrégation et guerre du Vietnam.

Le projet compte avec un autre engagé politique : Charlton Heston.
En 1968, c’est déjà une grande star, notamment grâce aux Dix Commandements (1956, Cecil B. DeMille) et Ben Hur (1959, William Wyler).
Mais il a aussi été l’un des premiers à avoir lutté contre la ségrégation raciale.
Il a défilé lors de la marche pour les droits civiques à Washington en 1963.

Lorsque La Planète des Singes lui est proposé, Charlton Heston propose Franklin J.Schaffner comme réalisateur, pour qui il a tourné Le Seigneur de la guerre en 1965.

Les acteurs qui interprètent les singes sont également des pointures : Kim Hunter, Maurice Evans
Seule inconnue au bataillon : Linda Harrison, la mannequin qui hérite du rôle de Nova … parce qu’elle sortait avec Richard Zanuck, le boss de la Fox !

tournage La Planète des singes

La création des décors

Pour créer ce monde dominé par les singes, le chef décorateur s’est inspiré d’une ville troglodyte turque, sculptée dans la montagne:
Mais aussi du style de l’architecte espagnol Antonio Gaudi.

Toutefois, tout a été reconstruit dans le « ranch de la Fox », près de Los Angeles.

  • La maquette de l’avant du vaisseau spatial : 7 mètres de contreplaqué !
  • La cascade dans laquelle les astronautes se désaltèrent : une vingtaine de tuyaux d’incendie cachés dans une roche …
  • La cité des singes : des barres de métal, de la mousse uréthane et du carton (ce qui expliquent leur forme bizarre !)

Même le champ, dans lequel les astronautes sont poursuivis, a subi quelques modifications !
Il a été hautement fertilisé, en un temps record, afin que les plants de maïs atteignent une hauteur de 2 mètres.

la planete des singes

Un tournage difficile

Dans son journal, Charlton Heston a écrit :

« Je realise qu’il n’y a guère de scène, dans ce satané film, où je n’ai pas été traîné, étranglé, ramassé dans un filet, pourchassé, arrosé, fouetté, saigné, pris pour cible, bâilloné, lapidé, chevauché, et de manière générale, maltraité. »

Et il n’a pas exagéré !
Heston joue toute la journée pieds et cul nu … et sans le savoir, pour une scène, dans du lierre venimeux !
Il attrape une angine, à force de se prendre des torrents d’eau lors du crash dans le lac.
Et bien que le tournage a lieu au printemps, il fait une chaleur étouffante : jusqu’à 49º !

La scène finale

L’unique plan général de la Statue de la Liberté est en fait une peinture réalisée par Emil Kosa, le responsable des caches à la Fox.

Pour les gros plans, il a toutefois fallu reconstituer la couronne et la torche à l’échelle 1/2 …
Et construire une tour de 20 mètres pour filmer en surplomb !

Quant au monologue final de Charlton Heston, il a failli ne pas passer la censure, à cause de la référence divine.
« Oh mon Dieu ! Je suis rentré chez moi ! On l’a vraiment fait … Bande de fous !
Vous avez tout foutu en l’air ! Que Dieu vous maudisse ! Allez au diable ! » 

la planète des singes

Un maquillage exceptionnel

C’était l’élément à ne surtout pas manquer !
Car avec un maquillage ridicule, le film culte aurait basculé dans la série B oubliable.
Le réalisateur en est tellement conscient qu’il lui a attribué 20% du budget du film.

À la manoeuvre, John Chambers.
Technicien médical pendant la Seconde Guerre mondiale (il pratiquait la chirurgie faciale sur les blessés), il est maquilleur à Hollywood depuis les années 50.
On lui doit les masques des séries Au-delà du réel et Perdus dans l’espace, mais aussi les célèbres oreilles de Spok dans Star Trek.

la planète des singes maquillage

Sur La Planète des Singes, Chambers travaille avec une équipe composée de jusqu’à 80 maquilleurs, coiffeurs et costumiers.

Les acteurs qui incarnent les singes arrivent chaque matin à 4h30.
On leur pose 4 prothèses en caoutchouc sur le visage pendant 3h. 
Entre chaque prise, ils se retrouvent dans des salles réfrigérés afin de préserver le maquillage.
Et hors de question de fumer sans porte-cigarette !
Chaque soir, il faut 1h30 pour retirer les prothèses.

Une telle torture que certains acteurs renoncèrent à jouer dans le film !

la planète des singes

Heureusement, ce travail conséquent n’est pas passé inaperçu.
La Planète des Singes est récompensé avec l’Oscar d’honneur pour John Chambers et son exceptionnelle performance en maquillage sur ce film.
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