« Le Cri » de Munch : pourquoi fait-il si peur ?

L’oeuvre qui inspira le masque de Scream 

Titre norvégien : Skrik
Oeuvre expressionniste dont il existe 5 versions (2 peintures, 1 pastel, 1 crayon, 1 lithographie)

La plus connue : Peinture à l’huile, tempera et pastel de 91 x 73,5 cm
Réalisée par Edvard Munch, entre 1893 et 1917
Exposée à la Galerie nationale d’Oslo

le cri

En 2002, une des cinq versions s’est vendue 120 millions de dollars aux enchères.
Un record pour cette oeuvre aussi désagréable qu’un bon film d’horreur !

Mais, au fait, pourquoi Le Cri est-il si effrayant ?

1 – C’est une histoire vraie

L’angoisse, Edvard Munch (1863-1944), ça le connaît !
Le peintre, considéré comme un des précurseurs de l’art expressionniste, a beaucoup souffert.

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La tuberculose emporte sa jeune mère, alors qu’il n’a que 5 ans.
Son père a 50 ans et fait preuve d’une ferveur religieuse proche du mysticisme.
Il a bien du mal à élever ses cinq enfants, dont ont entre 6 ans et quelques semaines.

Edvard grandit avec une santé fragile, mais c’est celui qui s’en sort le mieux.
Une de ses soeurs meurt de phtisie, une autre est internée à vie pour « mélancolie » et son frère meurt de pneumonie quelques mois après son mariage.

Sa vie d’adulte est chaotique : dépression nerveuse et hallucinations qu’il « soigne » à l’alcool, avant de subir une électrothérapie.

Des tragédies qui marquent le travail de Munch, devenu peintre à 16 ans.
La maladie, la peur de la mort, la douleur … sont des thèmes récurrents dans son oeuvre.

Le Cri naît d’une crise angoisse que Munch raconte dans son journal, le 22 janvier 1892.

« Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait — tout d’un coup le ciel devint rouge sang.
Je m’arrêtai, fatigué, et m’appuyai sur une clôture — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville — mes amis continuèrent, et j’y restai, tremblant d’anxiété — je sentais un cri infini qui passait à travers l’univers et qui déchirait la nature.« 

Une peinture angoissée issue d’une âme torturée.

2 – Le visage est celui de la mort

C’est l’élément le plus important de l’oeuvre.
Ce visage fantomatique, que la frayeur déforme, ressemble à une tête de mort.
D’après un spécialiste de Munch, il a été inspiré par une momie chachapoyas péruvienne.

Le cadavre, recroquevillé en position foetale, était exposé à Paris, lors de l’Exposition Universelle de 1889.
Il aurait également inspiré Paul Gauguin, pour sa peinture D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? (1897-1898).

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3 – Le paysage raconte une catastrophe

En fond, un tourbillon de couleurs qui semble peu naturel …
Pourtant, comme Munch l’a écrit dans son journal, il s’agit de la représentation d’un fjord existant.

Quant à la couleur rouge du coucher de soleil, un professeur d’astrophysique l’explique par l’éruption du volcan Krakatoa.
En 1883, ce volcan indonésien a provoqué une telle catastrophe que même l’Europe a été marquée.

  • Une explosion dont le son a atteint 180 décibels à 160 kilomètres de distance !
    Sachant que le seuil de douleur est fixé à 120 décibels, pas étonnant que plusieurs Indonésiens soient devenues sourds …
  • Des vagues géantes, jusqu’à 46 mètres de hauteur
  • Des cendres volcaniques qui montent à 80 kilomètres dans l’atmosphère, observés jusqu’en Europe et aux États-Unis

Ces particules sont sûrement responsables de la couleur du ciel observée par Munch.
Rien de très rassurant pour une personne sujette aux crises d’angoisse.
D’autant plus que le tableau montre une balustrade et deux hommes qui empêchent toute échappatoire !

4 – Le cri est métaphysique

Le tableau laisse penser que c’est l’être représenté qui émet un hurlement.
Pourtant, l’explication, que donne Munch dans son journal, montre que ce n’est pas le cas.

Le personnage, sûrement le propre Edvard Munch, est effrayé par un cri qu’il entend.
D’où cette impression qu’il se bouche les oreilles avec ses mains.

« … je sentais un cri infini qui passait à travers l’univers et qui déchirait la nature … »

Le titre d’origine du tableau était d’ailleurs Der Schrei der Natur, Le Cri de la Nature.
Il serait donc une expression de l’anxiété du peintre face à des évènements imprévus et incontrôlables.

C’est sans doute également une allégorie du déroulement de la vie, puisque Le Cri appartient à sa série de tableaux appellée « Frise de la Vie ».

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Quelques détournements célèbres

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