« Le Magicien d’Oz » : L’économie expliquée aux enfants ?

« Somewhere over the rainbow » … les dollars !

Pour la plupart, Le Magicien d’Oz, c’est d’abord Judy Garland qui chante dans l’adaptation cinéma de Victor Fleming en 1939.
Mais saviez-vous qu’avant elle, il y a un roman écrit par Lyman Frank Baum en 1900 ?
Et que ce livre pour enfants pourrait cacher une allégorie économique ?
On vous dit tout …

Les infos qui épatent !

À sa sortie, Le Magicien d’Oz est bien accueilli.
Mais en 1928, les bibliothèques publiques américaines le censurent parce qu’il « dépeint des personnages de femmes fortes dans les rôles de leader ».
Inacceptable pour l’époque !

Le Magicien d’Oz (The Wonderful Wizard of Oz aux États-Unis) a deux suites :
–  Le Merveilleux Pays d’Oz (The Marvelous Land of Oz, 1904)
Ozma, la princesse d’Oz (Ozma of Oz, 1907).
Ils ne seront traduits en français qu’à partir des années 1980 !

La première édition du Magicien d’Oz était illustrée par William Wallace Denslow. Ce dessinateur est surtout connu pour avoir créé le premier super-héros de BD : Billy Bounce (1901).

Dans le roman, les souliers magiques de la sorcière, tuée en début d’histoire, ne sont pas rouges (comme dans le film), mais d’argent.

De quoi ça parle ?

Dorothy Gale est une jeune orpheline recueillie par son oncle Henry et sa tante Em, des fermiers du Kansas.
Un jour, une tornade emporte leur maison, avec Dorothy et son chien Toto, vers un pays merveilleux : Oz.

En s’écrasant, la maison tue la méchante sorcière de l’Est.
Dorothy, désespérée de la situation, rencontre alors la gentille sorcière du Nord.
Celle-ci lui offre les souliers (d’argent donc) de feue son ennemie.
Et elle lui conseille de demander l’aide du Magicien d’Oz qui vit dans la Cité d’Émeraude.

Dorothy suit alors la route de brique jaune pour s’y rendre.
Elle y rencontre trois créatures également à la recherche du célèbre Magicien.

  • L’Épouvantail qui n’a pas et voudrait un cerveau
  • Le Bûcheron en fer blanc qui n’a pas et voudrait un cœur
  • Le Lion peureux qui n’a pas et voudrait du courage.
le magicien d'oz

Une fois arrivés (notamment, après avoir traversé sept passages et trois escaliers), le Magicien d’Oz leur demande d’abord de tuer la méchante sorcière de l’Ouest
Chose faite après les vaines attaques de loups, corbeaux, abeilles et singes ailés : Dorothy lui jette un seau d’eau, ce qui la fait fondre !

Démasqué par hasard (par Toto), le Magicien admet n’être qu’un imposteur, un vieil homme d’Omaha, venu à Oz, il y a longtemps, par montgolfière.

Comment ça finit ?

Même sans pouvoir magique, il parvient à satisfaire la demande des trois créatures d’Oz.

  • L’Épouvantail reçoit un « cerveau » fait de son, d’épingles et d’aiguilles et devient roi de la Cité Émeraude.
  • Le Bûcheron en fer blanc reçoit un « cœur » de soie bourré de sciure de bois et devient roi du pays Winkie.
  • Le Lion peureux obtient une potion de « courage » et devient roi de la forêt.

Effet placebo !

Cependant, malgré une tentative de vol en ballon, le « Magicien » ne peut rien faire pour Dorothy.

Heureusement, la gentille sorcière du Sud lui apprend que les souliers d’argent sont magiques.
Trois claquements de talons … et Dorothy, Toto et la maison sont de retour au Kansas.

Des références revendiquées

L. Frank Baum (1856-1919) a écrit le premier conte de fée américain. Il a d’ailleurs reconnu l’influence des maîtres en féérie : les frères Grimm, Hans Christian Andersen et Lewis Carroll.

Comme ce dernier, auteur des Aventures d’Alice au pays des merveilles, Baum ne veut pas d’un livre pour enfants saturé de morale, mais d’illustrations et de fantaisie.

Le prénom Dorothy est un hommage à sa nièce, décédée à tout juste cinq mois.
D’autres détails sortent tout droit de son vécu.
Par exemple, Baum a la phobie des épouvantails et a, un jour, créé un mannequin-vitrine à partir d’une chaudière.

Et si Le Magicien d’Oz parlait d’économie ?

C’est en tout cas la théorie (avec quelques divergences d’interprétation) de plusieurs historiens, comme Henry Littlefield (1964) ou Hugh Rockoff (1990).
Pour eux, pas de doute : Le Magicien d’Oz parle pognon !

Après la Guerre de Sécession (1861-1865), les États-Unis vivent une période de croissance appelée le Gilded Age.
Cependant, dans les années 1880, la dette des agriculteurs met à mal l’économie et un conflit politique éclate autour du système monétaire.
Certains ne veulent que l’or comme unité de compte (ou étalon), tandis que d’autres préfèrent prendre également en compte la valeur de l’argent.

Les personnages du roman de Lyman Frank Baum symboliseraient les acteurs de ce conflit.

D’après cette théorie :

  • Dorothy est le peuple américain, emporté par une tornade-dépression et perdu au pays d’Oz (abréviation de l’unité de poids, les onces « Oz »).
  • Ses amis sont un bûcheron (les ouvriers industriels), un épouvantail (les agriculteurs) et un lion peureux (les démocrates anti-monométallisme).
  • Avec eux, l’Américain moyen emprunte la route de la brique jaune (l’étalon-or) mais avec des souliers d’argent (l’étalon-argent évidemment).
  • Dans la Cité Émeraude (le monde du billet vert), il doit traverser sept passages et trois escaliers (7-3 en référence à la loi sur la monnaie, le Coinage Act de 1873).
  • Les différentes sorcières incarnent des figures politiques majeures de ce conflit.

Rappelons pourtant que L. Frank Baum n’a jamais indiqué que son roman était une allégorie politique.
D’ailleurs, il expliqua en 1903 que le nom Oz venait de son classeur à tiroirs (O-Z) !

Les Citations à replacer !

« Même quand notre patrie est morne et grise, nous autres les êtres de chair et de sang nous préférons y vivre plutôt que dans le plus beau des pays étrangers. »

« Ce doit être inconfortable d’être humain, dit l’Épouvantail d’un air pensif.
On est obligé de dormir, de manger et de boire.
Mais enfin, tu as un cerveau, toi. Cela vaut bien quelques inconvénients. »

« Tous les êtres vivants éprouvent de la peur en présence du danger.
Le vrai courage consiste à faire face malgré la peur, et tu n’en manques pas. »

Top des Adaptations

  • L’emblématique : le film musical de Victor Fleming avec Judy Garland et Frank Morgan.
  • La télévisuelle : la série Emerald City diffusée en 2017 avec Adria Arjona et Vincent D’Onofrio
  • L’hollywodienne : la suite – préquelle réalisée par Sam Raimi en 2013 avec James Franco, Mila Kunis, Rachel Weisz et Michelle Williams.
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