De quoi ça parle : « Madame Butterfly »

Le plus triste des opéras

Une tragédie japonaise, au titre franco-américain, chantée en italien …
On vous raconte Madame Butterfly, comme si vous l’aviez vu, mais en plus vite !


L’histoire

À Nagasaki, au début du XXème siècle.

Acte I

Benjamin Franklin Pinkerton est un jeune officier américain de passage au Japon.
Il est fasciné par la culture locale : les maisons traditionnelles, les parois mobiles … Mais surtout les contrats de mariage qui peuvent être rompus aussi vite qu’ils sont signés !

L’entremetteur Goro a justement organisé son union avec Butterfly, une jeune geisha ingénue.

L’ambassadeur américain Sharpless met en garde Pinkerton : Butterfly est sincère, tandis que lui s’amuse.
Pinkerton assume, avouant même qu’il compte épouser une « vraie épouse américaine ».

Le mariage a lieu : Butterfly est enchantée et Pinkerton moqueur.
La jeune fille lui annonce qu’elle a changé de religion par amour, ce qui lui vaut d’être maudite par son oncle bonze.

« Reniée, reniée … et heureuse », Butterfly est réconfortée par Pinkerton …

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Acte II

Trois ans plus tard.
Pinkerton est rentré aux États-Unis ; Butterfly l’attend toujours.

Malgré de graves difficultés économiques, elle refuse l’aide de Goro qui voudrait qu’elle épouse un riche prince.

Sharpless lui fait part d’une lettre de Pinkerton qui écrit que leur histoire est terminée. Butterfly, désespérée, lui présente alors son fils Dolore (« douleur » en italien).
L’ambassadeur ému promet qu’il avertira Pinkerton …

Justement celui-ci est à bord d’un navire sur le point d’accoster.
Ragaillardie, Butterfly décore sa maison en attendant son retour …

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Acte III

Après une nuit blanche à attendre en vain, Butterfly s’endort.

Pinkerton se présente alors, accompagné de Sharpless et Kate, sa nouvelle épouse américaine.
Le trio demande à Suzuki, la servante de Butterfly, de leur confier Dolore.

Accablé par les reproches de Sharpless et par le poids du remords, Pinkerton part lâchement.

Butterfly se réveille soudain, aperçoit Kate et comprend ce qui se trame.
Elle accepte de lui confier son fils à condition que Pinkerton vienne le chercher.

Après avoir envoyé l’enfant jouer avec Suzuki, Butterfly se suicide par jigai.
Pinkerton arrive alors et embrassant son corps sans vie, s’écrie trois fois : « Butterfly ».

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Le saviez-vous ?

  • Madame Butterfly est inspirée d’une histoire vraie.
    Celle de Miss Butterfly, une jeune geisha séduite et abandonnée par un officier américain, William B. Franklin.
    Un jour, on raconta cette mésaventure dans une maison de thé à Nagasaki, devant une certaine Jennie Correl.
    Celle-ci la rapporta à son frère, l’écrivain John L. Long (1861-1927), qui en fit une histoire … qui inspira une pièce à David Belasco (1853-1931), que Puccini adapta !
  • Le vrai nom de l’héroïne est Cio Cio San : « papillon » en japonais … qui se traduit « butterfly » en anglais !
  • Giacomo Puccini (1858 – 1924) a également composé les célèbres opéras La Bohème (1896), Tosca (1900) et Turandot (1926).
  • Pour composer Madame Butterfly, l’Italien s’est beaucoup renseigné sur la culture, la musique et les rites japonais.
    Notamment auprès de Sada Yacco (1871-1946) , une geisha devenue actrice dont les prestations scéniques inspirèrent Isadora Duncan.
  • L’air le plus connu de Madame Butterfly est « Un bel di, vedremo ». Malgré la triste mélodie, la jeune femme imagine des retrouvailles heureuses avec Pinkerton, après trois ans d’absence.

Regarder Madame Butterfly

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