D’où ça vient : Noël

Plus près de Saturne que de Jésus …

Le mot Noël vient de la locution latine natalis dies « jour de naissance ». Pourtant, la fête n’a pas les origines qu’on lui prête …



Rien à voir avec Jésus !

La date de naissance du Christ n’apparaît dans aucun document chrétien.
Ni dans les quatre Évangiles (la partie de la Bible qui raconte sa vie terrestre).
Ni dans les listes publiées par les Pères de l’Église (comme Irénée, évêque de Lyon, ou Tertullien, imminent théologien).

On sait juste que ce n’est pas en hiver ! 
D’après le récit biblique de la Nativité, sont également présents des bergers, avec des troupeaux qui n’iraient pas vagabonder en cette saison.
(Info tourisme : Décembre est un mauvais mois pour visiter Israël !)

Et la crèche ?

La crèche met en scène la Nativité, initialement relatée dans les Évangiles.
Cependant, certains éléments qui la constituent ont été rajoutés au fil des siècles. 

Noël

  • Les Rois Mages :
    Le nombre et le nom de ces « sages » ne sont pas mentionnés dans la Bible.
    Leur origine royale a été ajoutée par Tertulien au IIIème siècle.
    Quant à leur nom (Melchior, Gaspard et Balthazar), il a été inventé au VIIIème siècle.
  • Le boeuf apparaît dans La Légende dorée (ouvrage écrit dès 1261), amené pour être vendu, unique source de revenus de Joseph.

Les crèches de Noël se popularisent au Moyen-Âge, d’abord sous leur forme vivante.
Les premières miniatures sont exposées dans les églises … Qui ferment à la Révolution française, favorisant l’utilisation des crèches dans les foyers (et même l’apparition des Santons de Provence, figurines moins religieuses !).


Pourquoi le 25 décembre ?

Parce que dans la Rome Antique, le solstice d’hiver a faussement été fixé au 25 décembre (et non pas au 21/22, suivant les années).
Cet évènement astronomique était l’occasion de fêtes importantes.

noel

  • Le Sol Invictus en l’honneur du dieu solaire Apollon, mais aussi du dieu indo-iranien Mithra, dont le culte a été adopté par les Romains.
    Ils célèbraient la « naissance du Soleil », qui était apparu dans une grotte sous la forme d’un nouveau-né.
  • Les Saturnales en l’honneur du dieu Saturne.
    Pendant une semaine, les citoyens portaient des guirlandes autour du cou et les esclaves jouaient à « faire les maîtres » …
    Comme pour toutes les fêtes romaines, c’était orgies et débauche à tous les étages !
  • La Fête des sigillaires clotûrait les Saturnales (un peu comme la Saint Sylvestre termine les fêtes de Noël !).
    Les Romains offraient des cadeaux (en particulier aux enfants), organisaient des festins et décoraient les maisons avec des plantes vertes.

Comme pour Halloween, ces fêtes païennes ont été absorbées par la chrétienté, afin de faciliter les conversions.
Au IVème siècle, l’Église adapte la figure christique au culte astronomique, dans l’idée que Jésus est « le soleil de l’humanité ».

« Mon beau sapin … »

La coutume du sapin de Noël décoré remonte à la Renaissance.
Il est mentionné pour la première fois en 1510, dans la ville de Riga (capitale de la Lettonie).

L’arbre est un classique des célébrations païennes, symbole du renouveau de la vie.
Puisque Noël est intimement lié au solstice d’hiver, le sapin, conifère à feuilles persistantes, est un parfait rappel des cultes primitifs. noël

D’ailleurs, les guirlandes et couronnes sont des symboles de vie éternelle dans plusieurs civilisations antiques (romaine, égyptienne, chinoise …).
Lors des Saturnales, les romains laissaient des lampes allumées afin d’éloigner les mauvais esprits.

D’après Boniface de Mayence, un martyr du VIIIème siècle, la forme triangulaire du sapin permettait d’enseigner la Trinité.
L’Église tente d’imposer d’autres symboles de la chrétienté lors de la décoration de l’arbre, sensé représenter l’arbre du paradis ou la croix du Christ. On l’orne de pommes rouges (le fruit défendu), remplacées par des boules de verre, dont la brillance « repère » les démons.




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