Rennes-Le-Château : Où est le trésor de l’Abbé Saunière ?

Des millions d'euros vous attendent peut-être sous terre !

Indiana Jones dans le terroir !

Rennes-Le-Château est un petit village de 80 habitants, situé à une centaine de kilomètres de Toulouse.
Depuis les années 1960, c’est surtout le lieu préféré des chercheurs de trésors en tout genre.
Des historiens sérieux aux illuminés ésotériques, ils ont creusé au point de transformer le piton rocheux en véritable gruyère !
On vous raconte ce qu’ils cherchent.

Il était une fois, un berger chanceux

Tout commence au XVIIème siècle.
Ignace Paris est un berger qui conduit son troupeau sur le plateau de Luzet, en contrebas de Rennes-Le-Château.

Un jour de 1645, une brebis tombe dans une crevasse et apeurée, s’enfonce, à travers une galerie, dans la roche.
Ignace Paris s’engouffre jusqu’à atteindre une caverne, où se trouvent la bête, des squelettes et de lourds coffrets !

Ignace Paris a peut-être peur, mais n’hésite pas longtemps : il en ouvre un !
Bonne pioche : les coffrets contiennent des pièces d’or. 

La bête sous le bras et les poches remplies, le berger rentre à Rennes-le-Château.. 
Sa nouvelle richesse est rapidement repérée par ses voisins.
Comme Ignace Paris ne lâche pas le morceau, on l’accuse de vol.

L’épisode de la crypte au trésor finit par se savoir.
Commence alors la recherche effrénée mais vaine.
Les curieux se désespèrent et le trésor est oublié
Jusqu’aux années 1890. 

Ancienne bergerie d’Ignace Paris

Un abbé mystérieusement millionnaire

rennes-le-château

En 1885, le jeune prêtre François Béranger Saunière obtient la cure de Rennes-le-Château.
Pour cette fonction, il reçoit un maigre salaire de l’État.

Pourtant, il se démène aussitôt pour réunir les fonds nécessaires à la restauration de l’église délabrée.
Ce qui le rend rapidement populaire auprès de ses paroissiens. 

Un jour, Babon, maçon engagé pour rénover le maître-autel, découvre des rouleaux de bois cachetés à la cire, cachés dans un pilier creux.
Il avertit aussitôt Saunière, qui les inspecte.
L’abbé explique qu’il s’agit de parchemins datant de la Révolution.

Les villageois apprennent la découverte, mais personne n’arrive à déchiffrer la majorité des passages écrits en latin. 

C’est alors que l’histoire devient floue …
Il semble que l’abbé se soit soudain mis à fouiller la nuit, dans le cimetière, notamment près de la tombe d’une comtesse. 

Saunière aurait-il trouvé un tunnel accédant au trésor du berger ?
Personne ne le sait, mais l’état de ses finances se mettent à changer de façon ostentatoire.

À partir de 1896, et jusqu’à sa mort en 1917, le curé de Rennes-le-Château se met à dépenser sans compter : environ 3 millions d’euros actuels !
Il fait construire la villa Béthanie, où il tient des réceptions grandioses, et la tour Magdala qui lui sert de bibliothèque.
La toiture de l’église est refaite, son intérieur richement décoré de meubles, statues …

rennes-le-château

Saunière gâte aussi ses paroissiens ravis.
Peu de temps avant de succomber à une attaque d’apoplexie en janvier 1917, il voulait refaire la route menant à Rennes-le-Château et installer l’eau courante dans tous les foyers.
Le devis des travaux s’élevait à 10 millions d’euros actuels !

rennes-le-château

Saunière a justifié sa fortune soudaine par l’héritage d’un oncle d’Amérique …
Que les historiens n’ont jamais retrouvé !
Tout porte à croire qu’en effet, un trésor sommeillait depuis des siècles près de Rennes-le-Château …

d’où provient ce trésor ?

Plusieurs théories existent.
Voici les moins farfelues !

Les économies “en cas de coup dur” de Blanche de Castille

Pourquoi la mère de Saint-Louis et régente de France (de 1226 à 1235) serait-elle venue à Rennes-le-Château, alors appelé Rheda ?
Pour sa proximité avec le Royaume de Castille (dans l’actuelle Espagne).

En cas de danger, la reine voulait pouvoir rentrer dans sa patrie de naissance et si possible, avec un joli petit magot dans ses coffres.
La rumeur évoque 500.000 pièces d’or, des bijoux, des pierres précieuses
Une réserve conséquente, soigneusement cachée dans ce bourg perché dans la montagne.

Le pillage d’Alaric le Wisigoth

Vers 418 ap.J.-C., ce peuple germanique a pillé Rome et s’est installé dans le sud-ouest de la Gaule.
Les Wisigoths menés par Alaric font de Toulouse leur capitale mais suite aux nombreuses attaques des Francs, ils se replient vers la forteresse de Rheda, la future Rennes-le-Château.
Ils fuient ensuite à Tolède, où ils sont vaincus par les Arabes, qui ne trouvent aucune trace des richesses romaines.

Ce trésor serait-il resté à Rheda ?
Sans doute dans leur ancien palais fortifié, sur l’emplacement duquel s’élève désormais l’église de l’abbé Saunière …

Les richesses des Cathares

Au XIIIème siècle, le pape Innocent III ordonne l’extermination des Cathares, des “albigeois” qui remettent en cause l’Église catholique. 

Les barons français “nordistes” se chargent alors de cette croisade entre 1208 et 1244. 

Avant de fuir les persécutions, les Cathares auraient enfoui leurs richesses dans les ruines du château de Coustaussa, non loin de Rennes. 

Un indice majeur qui attesterait cette thèse : l’inscription que Saunière a faite apposer sur le porche d’entrée de son église.
“Terribile est locus iste”, qui se traduit “ce lieu est terrible”.
Une évocation des anciens “hérétiques” ?

Le trésor des Templiers

La thèse qui plaît le plus aux chercheurs, sans doute parce que les Chevaliers du Temple font encore rêver.

Pour beaucoup, à Rennes-le-Château se trouverait le trésor du Temple de Jérusalem, pillé par le futur empereur Titus en 70.
Les Templiers l’auraient retrouvé à Rome, puis caché dans le sud-ouest français au XIIIème siècle, lorsque leur ordre fut interdit par le roi Philippe le Bel dans l’espoir de s’en emparer.

La fortune “locale”

À la Révolution Française, plusieurs grandes familles de la région auraient confié leurs biens à Antoine Bigou, curé de Rennes-le-Château de 1774 à 1790.
Mais l’abbé étant mort en exil, les richesses n’auraient jamais été rendues à leur propriétaires.

Et s’il n’y avait pas de trésor ?

Saunière a très bien pu gagner sa fortune avec des magouilles privées !
Par exemple, un trafic de messes payantes, dont la rémunération aurait alimenté les divers comptes bancaires de l’abbé.
Ou bien la vente d’objets anciens retrouvés dans l’église pendant sa rénovation.

Une thèse trop terre-à-terre pour les fouilleurs passionnés qui creusent à tout-va, mais qui plaît aux Rennains !


Sources

Le Parisien.fr
Geo.fr

Article dans le magazine Mystères, Mythes et Légendes

Photo à la une : © Jean-Christophe Milhet.

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