Salvador Dali : 7 peintures expliquées par sa biographie

« L’unique différence entre un fou et moi, c’est que moi, je ne suis pas fou ! »

Et pourtant, tout portait à croire qu’il l’était un peu !
Salvador Dalí, un génie pour certains, un imposteur pour d’autres …
Voici quelques indices biographiques qui expliquent son œuvre.

Profondément Catalan

D’abord de naissance, puisque Salvador Jacinto Dalí Doménech est né à Figueras, en 1904.

Mais surtout de cœur.
Sa famille fortunée passe ses vacances près de Cadaquès, au Cap de Creus.
Un paysage de bord de Méditerranée que Salvador peint à l’adolescence.

Adulte, Dali achète plusieurs résidences dans sa région préférée.

  • une cabane de pêcheur à Port Lligat, qui lui coûte 250 pesetas (1,50 €) et qu’il transforme, dès 1930, en palais, plein de passages secrets.
  • un château médiéval à Púbol.

Dès 1949, Dali se lasse de vivre à l’étranger et revient vivre en Catalogne malgré la dictature franquiste. Une décision très mal perçue par les intellectuels et artistes de gauche, toujours exilés.
Peu lui importe !

Dali
Paysage près de Figueras (1910)

Marqué par la mort

Très tôt, Dali est confronté à la perte d’êtres chers.

Déjà à la naissance, puisqu’il porte le prénom d’un frère aîné, décédé à l’âge de deux ans.
Il ne l’a jamais connu mais la famille considère le petit Salvador comme sa réincarnation.

L’autre drame de sa jeunesse est la mort de sa mère en 1921, alors qu’il n’a que dix-sept ans.

« Avec les dents serrés de tant pleurer. je me suis juré de délivrer ma mère de la mort,
avec les épées de lumière qu’un jour brilleront brutalement autour de mon glorieux nom. »

Journal de Salvador Dali

Une fois adulte, un autre décès le traumatisme.
Lors de ses études à Madrid, il a rencontré les membres du groupe littéraire avant-gardiste Generación del 27. En particulier, le poète Federico Garcia Lorca, qui rapidement devient son meilleur ami … Voire plus.
Quoiqu’il en soit, le peintre ne se consolera jamais de sa mort, qui a lieu en 1936 aux mains de milices franquistes.

Malgré une guerre civile et deux guerres mondiales, Dali décède le 23 janvier 1989, à presque 85 ans.

peintures Dali
Le chevalier de la mort (1934)
Le visage de la guerre (1940)

Un surréaliste convaincu

Dès 1929, Dali adhère au surréalisme, mouvement fondé par le poète André Breton.
De cette rencontre naissent ses œuvres les plus célèbres : ses plages infinies aux silhouettes lointaines, ses montres molles, ses corps troués, ses effets d’optiques à double sens …

peintures Dali
La persistance de la mémoire (1931)

En 1934, Dali se fait exclure du mouvement surréaliste, notamment en raison de sa fascination pour les débuts d’Hitler.

Il continue cependant à en faire la publicité et à s’en revendiquer, jusqu’au cinéma.
Parmi ses collaborations les plus marquantes :

  • Les frères Marx pour Giraffes on Horseback Salad, qui ne se tournera jamais.
    Anecdote : Dali offre à Harpo Marx une harpe surréaliste dont les cordes sont faites de barbelés ! 
  • Walt Disney, avec lequel Dali sympathise et pour qui il réalise 153 dessins.
    Leur premier projet Destino ne se fera qu’en 2003, bien après la mort des deux hommes.
  • Alfred Hitchcock et son film La Maison du docteur Edwardes, au décor créé par Dali.
    Il est aussi à l’origine de la célèbre séquence de danse, mais simplifiée par le réalisateur car Dali voulait accrocher 14 pianos au plafond !

Pas de Dali sans Gala

Elena Dimitrovna Diakonova dite Gala (1894-1982) est sans aucun doute le grand amour de Salvador Dali.
Elle est sa Galarina, Galuxka, Gradiva, Oliva, Oliveta

Dali la rencontre en 1929, à Cadaqués. Elle accompagne son mari Paul Éluard et Magritte, lors d’une visite.
C’est le coup de foudre réciproque.
Comment ne pas remarquer Dali, capable de se teindre les aisselles en bleu pour attirer son attention !

Gala et Dali s’épousent civilement en 1932, puis religieusement en 1958.
Elle est sa principale muse, mais également sa secrétaire, son agent, sa cuisinière et son chauffeur !

Dans les années 1960, le couple fusionnel se détache.
Dali trouve alors d’autres muses, comme Amanda Lear qu’il présente comme un transexuel (la rumeur vient de là !).
Cependant, quand Gala décède en 1982, Dali perd l’illusion de son travail.

peintures Dali
Galatea des sphères (1952)

Dieu et l’argent

C’est sans doute parce qu’il grandit dans une famille profondément athée, que Dali est si fasciné par l’imagerie catholique.
Dès 1945, Dali délaisse le surréalisme pour renouer avec des thèmes plus classiques, inventant le réalisme magique, puis l’hyperréalisme métaphysique.

dali
Le sacrement de la dernière cène (1955)

Mais avec l’âge, Salvador Dali se tourne davantage vers le « dieu Dollar ».
L’enfant choyé et capricieux, qui jouait au roi et donnait des ordres à tout va, est devenu un adulte narcissique et intéressé.
Ce n’est pas pour rien qu’André Breton le surnomme par son anagramme, « Ávida dollars » !

Après la mort de Gala, Dali se raccroche aux biens matériels.
Il permet l’impression massive de ses œuvres en cartes postales, posters et objets dérivés.
Il en arrive à signer des feuilles blanches, pour dix dollars l’unité, pour qu’on y reproduise ses tableaux.

Cette nouvelle obsession cache une profonde déprime et la souffrance causée par la maladie de Parkinson. 
Il peint sa dernière huile sur toile en 1983, La Queue d’aronde.

Peintures Dali

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