L’Abécédaire de Salvador Dali

« L’unique différence entre un fou et moi, c’est que moi, je ne suis pas fou ! »

C comme … Catalan

Salvador Jacinto Dalí Doménech naît à Figueras, en 1904.

Sa famille fortunée passe ses vacances près de Cadaquès, au Cap de Creus.
Un paysage de bord de Méditerranée que Salvador peint à l’adolescence.

Adulte, Dali achète plusieurs résidences en Catalogne.

  • une cabane de pêcheur à Port Lligat, qui lui coûte 250 pesetas (1,50 €) et qu’il transforme, dès 1930, en palais, plein de passages secrets.
  • un château médiéval à Púbol.

Après de longs séjours à l’étranger, Dali revient vivre en Catalogne dès 1949, en pleine dictature franquiste.
Une décision très mal perçue par les intellectuels et artistes de gauche, toujours exilés.

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Paysage près de Figueras (1910)

M comme … Morbide

Le peintre porte le prénom d’un frère aîné, décédé à l’âge de deux ans.
Il ne l’a jamais connu mais la famille considère le petit Salvador comme sa réincarnation.

L’autre drame de sa jeunesse est la mort de sa mère en 1921, alors qu’il n’a que dix-sept ans.
Salvador écrit dans son journal :

« Avec les dents serrés de tant pleurer. je me suis juré de délivrer ma mère de la mort,
avec les épées de lumière qu’un jour brilleront brutalement autour de mon glorieux nom. »

La sienne a lieu le 23 janvier 1989, à presque 85 ans, après avoir reçu les saints sacrements.

E comme … Excentrique

Enfant choyé et capricieux, Salvador jouait à se déguiser en roi, s’asseoir sur une chaise et donner des ordres.

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En société, Salvador est un grand timide, aux multiples peurs (comme la phobie des sauterelles) et lubies. 

Ses amis lui donnent des surnoms explicites :

  • « El divino », en raison de son narcissisme,
  • et « Ávida dollars », anagramme de « Salvador Dali » trouvé par André Breton et qui témoigne de son amour de l’argent.

I comme … Influences

Lors de ses études à Madrid, Dali rencontre les membres du groupe littéraire avant-gardiste Generación del 27.
En particulier, le poète Federico Garcia Lorca, qui rapidement devient son meilleur ami … Voire plus.
Quoiqu’il en soit, le peintre ne se consolera jamais de sa mort, en 1936, aux mains de milices franquistes.

Dali fait aussi la connaissance du cinéaste Luis Buñuel, avec qui il écrit, en 1929, Un chien andalou, le premier film surréaliste de l’histoire.
Une succession de scènes très étranges (un rasoir qui coupe un oeil, un âne mort couché sur un piano tiré par deux moines, une femme sans bouche …) qui fait scandale à sa sortie.

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Lors de son premier séjour à Paris en 1927, Dali rencontre Pablo Picasso qu’il admire.
Malgré leurs affinités artistiques, les deux peintres ne s’entendent pas pour des raisons politiques.

Dès 1929, Dali adhère au surréalisme, mouvement fondé par le poète André Breton.
De cette rencontre naissent ses oeuvres les plus célèbres : ses plages infinies aux silhouettes lointaines, ses montres molles, ses corps troués, ses effets d’optiques à double sens …

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La Persistance de la Mémoire (1931)

En 1934, Dali se fait exclure du mouvement surréaliste, notamment en raison de sa fascination pour les débuts d’Hitler.
Il continue cependant à en faire la publicité.
Par exemple, lors de l’exposition parisienne, en 1938, de son Taxi Pluvieux.

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Pendant la guerre, Dali et Gala quittent Paris pour New York où il réside pendant huit ans.
Ils y côtoient le gratin, comme Helena Rubinstein.

Le peintre travaille aussi avec :

  • Les frères Marx pour Giraffes on Horseback Salad, qui ne se tournera jamais.
    Anecdote : Dali offre à Harpo Marx une harpe surréaliste dont les cordes sont faites de barbelés ! 
  • Walt Disney, avec lequel Dali sympathise et pour qui il réalise 153 dessins.
    Leur premier projet Destino ne se fera qu’en 2003, bien après la mort des deux hommes.
  • Alfred Hitchcock et son film La Maison du docteur Edwardes, au décor créé par Dali:
    Il est aussi à l’origine de la célèbre séquence de danse, mais simplifiée par le réalisateur car Dali voulait accrocher 14 pianos au plafond !

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F comme … Femmes

Gala (1894-1982) est sans aucun doute le grand amour de Salvador Dali.
Elle s’appelle Elena Dimitrovna Diakonova, mais il la surnomme Galarina, Galuxka, Gradiva, Oliva, Oliveta

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Gala rencontre Dali en 1929, à Cadaqués.
Elle accompagne son mari Paul Éluard et Magritte, lors d’une visite.
C’est le coup de foudre réciproque.
Comment ne pas remarquer Dali, capable de se teindre les aisselles en bleu pour attirer son attention !

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Galatea des sphères (1952)

Gala et Dali s’épousent civilement en 1932, puis religieusement en 1958.
Elle est sa principale muse, mais également sa secrétaire, son agent, sa cuisinière et son chauffeur !

Dans les années 60, le couple commence à se séparer.
Dalí trouve alors d’autres muses : Nanita Kalaschnikoff, un mannequin qui devient son amie intime, puis Amanda Lear, nouvelle égérie qu’il présente comme un transexuel.

R comme … Réalisme Magique

Dali a grandi dans une famille athée, qui ne lui parle jamais de Dieu.
Pourtant, dès 1945, Dali renoue avec une peinture et des thèmes plus classiques, comme les scènes bibliques.
Il invente alors le réalisme magique, puis l’hyperréalisme métaphysique, délaissant définitivement le surréalisme.

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Le sacrement de la dernière cène (1955)

D comme … Décadence

Quand Gala décède en 1982, Dali perd l’illusion pour son travail.
Il permet l’impression massive de ses oeuvres en cartes postales, posters, etc.
Il en arrive à signer des feuilles blanches, pour dix dollars l’unité, pour qu’on y reproduise ses tableaux.
Ce qui permet de nombreuses falsifications …

Dali déprime, cesse de manger et souffre de la maladie de Parkinson. Il peint sa dernière huile sur toile en 1983, La Queue d’aronde.

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La Queue d’aronde (1983)

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