La vie de Sissi, l’Impératrice qui était malheureuse

Très loin du conte de fées

La véritable impératrice Sissi n’a pas grand chose à voir avec l’heureuse princesse vue sur grand écran.
Sa vie a été si difficile que la propre Romy Schneider refusa de tourner ses derniers instants, même dans une version édulcorée.

On vous raconte qui était Elisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, Impératrice d’Autriche, dite Sissi (1837-1898). Et c’est bien triste …

Le prince charmant ? Oui, bof !

Août 1853, en Autriche.
L empereur Franz (François) Joseph Ier a 23 ans et il est grand temps qu’il se marie.

Sa mère, l’archiduchesse Sophie, a pris les choses en main.
Une union a été arrangée avec la fille de sa sœur, la duchesse Ludovica de Bavière.
Toute la petite famille doit se retrouver à Bad Ischl, dans la résidence d’été des Habsbourg.

Franz y rencontre enfin celle qui sera bientôt sa fiancée officielle, Hélène.
Mais il découvre aussi sa petite cousine, Elisabeth, qui ne devait même pas faire partie du voyage.

Celle que l’on appelle affectueusement Sissi a 15 ans, des yeux de chat, de très longs cheveux et des manières naturelles qui amusent Franz.
Coup de foudre pour l’empereur : adieu la sage Hélène, c’est la fougueuse Sissi qu’il veut.

L’archiduchesse est surprise, mais ne se fâche pas.
Son unique souhait est d’assurer une alliance avec la Bavière, peu importe comment.
Alors, les fiançailles sont annoncées.

Le mariage entre Sissi et Franz a lieu le 24 avril 1854, moins d’un an après la rencontre.

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Un merveilleux conte de fée ?
Pas vraiment. Même si l’adolescente n’est pas complètement hermétique au charme impérial, elle n’est pas du tout prête pour le mariage.
Alors Sissi passe le jour de ses noces à pleurer.

« Je me suis réveillée dans une prison, les mains chargées de chaînes,
et ma nostalgie s’accroît toujours, et toi liberté, tu me fus ravie. »

Poème écrit par Sissi durant sa lune de miel !

Alors que l’élégante Hélène a été élevée par sa mère pour la fonction, la jeune Élisabeth ressemble davantage à son père, le très original duc Maximilien (assez fantasque pour jouer de la cithare au sommet de la grande pyramide d´Égypte !).
Ensemble, ils ont parlé poésie, cavalé dans la nature, fréquenté les tavernes, bu de la bière …
Des activités inconvenantes pour une jeune fille de bonne famille, mais qu’elle adore et qu’elle doit soudain abandonner.

Sissi renonce à une enfance heureuse et libre pour un prince, certes charmant mais imposé.
Ça commence mal …

La « méchante belle-mère »

Adieu la Bavière bucolique, bienvenue à Vienne.

À 16 ans, Sissi découvre les contraintes de la « vie de château », régie par une étiquette inchangée depuis quatre siècles.
Pendant que Franz s’occupe des affaires du royaume, Sissi apprend à devenir la femme d’un monarque. Et aucune de ses nouvelles fonctions ne lui plaisent !
Au grand dam de sa belle-mère, véritable reine du protocole à Hofburg, le vieux palais impérial.

L’archiduchesse n’est pas le monstre sans cœur que le cinéma a voulu montrer.
Elle aime sincèrement sa nièce et apprécie ses qualités.
Mais elle ne comprend pas qu’elle puisse refuser d’antéposer les intérêts de la couronne à ses goûts personnels, comme elle-même l’a fait de son temps.
N’a-t-elle pas la chance d’être aimée de son mari qui lui passe tous ses caprices ? Pourquoi se refuse-t-elle à jouer convenablement son nouveau rôle ?

Tout simplement parce que Sissi n’en veut pas ! Alors elle ne collabore pas !
L’adolescente déteste ce qu’elle appelle le « palais-cachot » et refuse de perdre le contrôle de son quotidien.

Les disputes entre les deux femmes se multiplient.
La situation empire avec l’arrivée des enfants du couple impérial : Sophie, Gisèle, Rodophe et Marie-Valérie, respectivement nés en 1855, 1856, 1858 et 1868.

Sissi souffre notamment lorsque « belle-maman » lui confisque l’éducation de ses aînées.
Le protocole veut qu’elle soit confiée aux soins rigides de précepteurs, décision contre laquelle l’adolescente lutte un temps, avant de renoncer.

Au centre, Sissi regarde sa belle-mère … qui l’ignore !

Un drame, un voyage, un drame, un voyage …

Au printemps 1857, le couple impérial doit faire un voyage officiel dans le Royaume d’Hongrie.
Malgré les réticences de sa belle-mère, Sissi réussit à imposer la présence de ses filles auprès d’elle.
Malheureusement, lors du séjour, elles tombent malades et la petite Sophie décède à l’âge de 2 ans.

Sissi est anéantie.
Accablée par un sentiment de culpabilité, elle tombe dans la dépression et contracte la tuberculose.
On lui prescrit alors de quitter la capitale pour un air plus pur.

Elle part s’installer à Madère avec une petite cour de jeunes gens.
Logée dans l’imposante Quinta Vigia, Sissi reprend goût à la vie, passe son temps à lire, écrire, nager, jouer …
Elle retrouve la liberté de son enfance.

Mais l’Impératrice se doit de faire acte de présence auprès de son mari !
Au printemps 1861, elle revient donc s’installer à Vienne …
À peine arrivée, son état de santé se détériore.
Insomnie, anorexie, mélancolie … Un nouveau voyage s’impose.

Au fil des années, Sissi s’installe à Trieste, Madère, Venise, en Égypte, Espagne, Angleterre, Tunisie, Malte, Sicile, Hongrie, sur la Côte d’Azur, en Normandie …
En somme, partout, sauf en Autriche !

Les raisons de changer d’air ne lui manquent malheureusement pas.
L’Impératrice Sissi perd de nombreux êtres chers, parfois dans des circonstances tragiques.

En 1886, son cousin et ami, le « roi fou », Louis II de Bavière meurt noyé dans le lac de Starnberg.
En 1889, son fils Rodolphe est retrouvé mort auprès de sa maîtresse, sans que l’on sache s’il s’agit de suicide ou de meurtre.
Puis, en 1897, sa sœur Sophie-Charlotte est brûlée vive dans le tristement célèbre incendie du Bazar de la Charité, à Paris.

Face à ces drames, Elisabeth, constamment en deuil, ne trouve qu’un seul réconfort : le voyage.

Loin des yeux, loin des draps !

Le très amoureux empereur Franz a du mal à suivre son épouse.

Lui a reçu une éducation de bureaucrate, très à l’aise avec le décorum et les responsabilités.
Il n’a aucun problème avec Vienne et tant mieux puisqu’il ne peut pas vraiment la quitter, fonction oblige.

Le couple passe donc la plupart du temps séparé.
Ce qui doit arriver, arrive donc !

François-Joseph retourne dans les bras d’un amour de jeunesse.
Pendant que la rumeur prête à Sissi une liaison avec le comte Andrassy, le Premier ministre du Royaume de Hongrie.

Consciente de la situation qu’elle impose à son mari, qui souffre de solitude, en particulier depuis la mort de l’archiduchesse Sophie en 1872, Sissi lui trouve une maîtresse !
Lors d’une sortie au théâtre, pendant la représentation de Songe d’une nuit d´été de Shakespeare, François-Joseph est ébloui par l’interprète d’Hermia, la comédienne Katharina Schratt.
Sissi s’en aperçoit et ni une ni deux, lui arrange le coup dès la fin de la pièce !

Non seulement l’Impératrice Sissi voit d’un bon œil leur liaison, mais elle donne des conseils minceur à sa « rivale » pour qu’elle reste longtemps à son avantage !

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Sissi
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Katharina Schratt

Sissi l’Impératrice assassinée

Le 10 septembre 1898, Sissi est à Genève, où elle a passé l’été, auprès de son amie la baronne de Rothschild.
Mais une rumeur évoque la présence d’un anarchiste en ville.
Alors l’Impératrice s’apprête à quitter la Suisse et à rentrer à Vienne.

Accompagnée de sa dame d’honneur, Sissi va à pied jusqu’au Lac Léman, où elle doit embarquer.
Malheureusement, sur le quai l’attend Luigi Lucheni, un jeune Italien qui veut juste atteindre la gloire en assassinant une célébrité.

Il se précipite sur elle et lui plante une lime dans le cœur.
Sissi succombe une heure plus tard.
Elle a 60 ans.

Bien qu’accompagné jusqu’à la fin de sa vie par sa fidèle maîtresse Katharina, François-Joseph ne se remet pas de la perte de sa femme … Sans toutefois respecter ses dernières volontés.
Sissi repose dans la crypte des Capucins à Vienne, cette ville qu’elle détestait.

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