D’où ça vient : Thanksgiving

Glouglou !

Thanksgiving  … Deux fêtes plutôt qu’une ! 

Parce que oui, il y a deux Thanksgiving outre-Atlantique.
La célébration américaine et « l’Action de Grâce » canadien, qui porte le même nom en anglais.
Car il s’agit finalement de deux versions de la même fête.



Au Canada, c’est la fête des récoltes …

Le Thanksgiving canadien a lieu le deuxième lundi d’octobre, tel que l’a décrété le Parlement en 1957.
Son objectif : créer « une journée pour rendre grâce à Dieu tout-puissant des récoltes abondantes dont jouit le Canada ».

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Ainsi, « l’Action de grâce » est avant tout une fête des moissons, telle que celles célébrées, depuis des siècles, par les communautés paysannes du monde.
Une bonne récolte est souvent perçue comme un bénédiction des dieux, ce qui mérite un culte.
D’autres exemples : la Fête de la Lune en Asie ou le Lammas en Angleterre.
Thanksgiving s’accompagne donc des symboles typiques des récompenses agricoles : cornes d’abondance, citrouilles et autres légumes d’automne …

Aux États-Unis, les Pères pélerins s’en mêlent !

Le Thanksgiving américain suit la même tradition, mais s’y est ajoutée une dimension historique.
Chaque quatrième jeudi de novembre est aussi une occasion de rendre hommage aux premiers groupes de colons britanniques.

Les Pères pélerins sont un groupe de dissidents anglais, des protestants opposés à la foi anglicane officiellement établie. En 1620, ils arrivent en Amérique du Nord à bord du Mayflower et fondent la colonie de Plymouth (dans l’actuel Massachusetts).

La première année y est difficile. Tout est à construire, à découvrir … En plus de la faim et du froid, il y a le scorbut (carence en vitamine C propre aux longues expéditions maritimes) qui tue la moitié des arrivants.

Le reste du groupe doit sa survie à une tribu, qui offre volontiers de la nourriture et des connaissances en chasse, pêche et agriculture : les Wampanoags.
Deux d’entre eux parlent anglais : Squanto, ancien captif en Angleterre, et Samoset, qui a déjà côtoyé des pêcheurs britanniques.

L’année suivante, les colons célèbrent pendant trois jours leur première récolte. Ils invitent alors le chef des Wampanoags et plusieurs de ses hommes en remerciement de l’aide apportée.

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Au fil des décennies, chaque colonie créent des occasions de « rendre grâce ». Plus qu’une fête, il s’agit de jours de recueillement privé et jeûne, parfois décrétés par les Autorités, mais de façon épisodique.
Les américains doivent le Thanksgiving actuel à trois de leurs présidents :

  • En 1789, George Washington (Ier président) déclare le premier Thansksgiving Day.
  • Il faut attendre 1863 pour qu’Abraham Lincoln (16ème président) proclame, en pleine guerre civile, le jour national de Thanksgiving qui se célèbre donc annuellement.
  • Finalement, c’est Franklin Delano Roosevelt (32ème président) qui, en 1939, choisit le « quatrième jeudi de novembre », comme date récurrente.

Un repas familial

Pas de Thanksgiving sans dinde, le plat de résistance du repas traditionnel !
Cet animal, chassé par les Amérindiens, a été introduit en Europe par les Conquistadors. Sa consommation est un rappel historique des premiers repas des colons.
Chaque année, le Président des États-Unis gracie deux dindes. Une coutume lancée par le Président Kennedy en 1963 et qui devient cérémonie officielle grâce à George Bush en 1989.

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Pour accompagner la viande, différentes recettes typiques :
sauce à la canneberge,
purée de pommes de terre ou patates douces
– tarte à la citrouille, tarte aux noix de pécan ou tarte aux pommes (officielle de l’état du Vermont) …

Lors du repas, chaque membre de la famille expose, tour à tour, les raisons pour lesquelles il peut remercier Dieu.


Une fête à polémique

Il existe une autre version des origines de Thanksgiving, bien moins agréable, mais approuvée par différents chercheurs.

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Il semble qu’en mai 1637, a lieu l’assassinat de John Oldham, un marchand pélerin. Les colons accusent aussitôt la tribu des Pequots et attaquent leur principal village en représailles. Tous ses habitants sont massacrés.
Le lendemain, le gouverneur Bradford décrète un jour d’Action de Grâce pour fêter leur « victoire ».

L’extermination continue aux alentours pendant plusieurs mois. L’Assemblée Générale du Connecticut interdit jusqu’à l’emploi du mot Pequots.

Depuis les années 1970, plusieurs groupes amérindiens manifestent régulièrement contre Thanksgiving, d’après eux le symbole des guerres indiennes et de la perte de leur continent.  

Quel rapport avec le Black Friday ?thanksgiving

En 1939, lorsque le président Roosevelt déclare le jour officiel de Thanksgiving, l’Amérique est en pleine dépression économique. Son choix n’est pas innocent : il veut booster la consommation des ménages, en accordant plus de temps aux achats de Noël.
Marketing, déjà ! 

Thanksgiving ayant toujours lieu un jeudi, le lendemain est souvent posé comme jour de congé par les Américains. Ils font le pont !
Ainsi, lorsque « Black Friday » apparaît pour la première fois, dans la presse, en 1951, le terme fait référence aux bouchons qui encombrent les routes ce jour-là.

Dans les années 60, comme les magasins ne ferment pas (et ne désemplient pas !), on emploie l’expression pour qualifier l’affluence commerciale. Les vendeurs « sortent du rouge » (couleur symbolique des dettes dans les livres de comptes) pour « rentrer dans le noir » (les comptes en positif).

Depuis quelques années, le Black Friday est également une institution en France.
Pour exemple : lors du Black Friday 2017, le site Amazon France a vendu 1400 produits par minute.





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