« The Crown » : Le vrai / faux de la série culte

Fiction, Histoire ou un peu des deux ?

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C’est la série Netflix la mieux accueillie par la critique et le public.
The Crown, qui retrace la vie de la reine Élisabeth II, brille par l’élégance de sa photographie, la beauté de ses décors et le talent de ses acteurs.

En revanche, question « exactitude historique », il y a comme un hic, à en croire certains experts de la royauté britannique.
Retour sur quelques-uns des événements clés racontés dans The Crown : ont-ils été fidèlement traités à l’écran ?

Saison 1 : Bienvenue dans la cour des grands !

Entre 1947 et 1955, Élisabeth II devient reine, un rôle difficile qui s’accompagne de choix douloureux.
Comment garder une vie de famille normale quand on porte la couronne ?

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Le prince Philip ne voulait pas s’agenouiller devant sa femme : FAUX

Dans The Crown, Philip apparaît comme vivant mal le nouveau statut de sa femme Élisabeth.
Sentant qu’il perd en virilité, il envisage de ne pas s’agenouiller devant elle lors de son couronnement.

Cependant, c’est très peu probable que cet aspect du protocole l’ait gêné, le duc d’Édimbourg venant lui-même d’une famille royale. Il était déjà très à l’aise avec les rituels et s’était marié avec la future héritière en connaissance de cause.

Il a tenté d’imposer Mountbatten comme nom de famille royal : VRAI

Comme le montre la série, le prince Philip voulait à tout prix suivre la coutume de l’époque et transmettre son nom de famille Mountbatten à sa femme et ses enfants.
Mais personne n’accepte la fin de la dynastie Windsor.

Amer, le duc d’Édimbourg aurait bien prononcé la phrase :
« Je ne suis rien d’autre qu’une amibe sanglante. Je suis le seul homme du pays à ne pas être autorisé à donner son nom à ses propres enfants. »

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La princesse Margaret voulait épouser Peter Townsend : VRAI

La sœur cadette d’Élisabeth a réellement été amoureuse de l’écuyer de son père.
Plus âgé et posé qu’elle, héros de guerre et homme de confiance de la famille royale, l’union aurait pu se faire si Peter Townsend n’avait également été divorcé.
Un inconvénient de taille pour l’Église hostile aux remariages et pour le Parlement qui devait donner son accord tant que la princesse n’avait pas 25 ans.

Les amoureux acceptèrent d’être séparés deux longues années, Towsend acceptant un poste en Belgique.
Cependant, lorsque Margaret atteint l’âge requis, elle sacrifia elle-même leur relation, contrairement à ce que montre la série.

Townsend avoua dans son autobiographie parue en 1978 : « Elle aurait pu m’épouser si elle avait été prête à tout abandonner : sa position, son prestige, son sac à main. (…) Je n’avais tout simplement pas le poids, je le savais, pour contrebalancer tout ce qu’elle aurait perdu. »

Le brouillard de 1952 a provoqué une crise politique : FAUX

Cette année-là, Londres a réellement été plongé du vendredi 5 au mardi 9 décembre dans le Great Smog, un épais brouillard toxique, qui causa des milliers de morts.
Cependant, The Crown exagère l’impact politique de cette tragédie et sa résolution par Winston Churchill.

D’ailleurs, le premier ministre n’a jamais eu de secrétaire appelée Venetia Scott, décédée lors de cette catastrophe.

Saison 2 : Scandales

The Crown montre dans sa deuxième saison quelques événements s’étant déroulés entre 1956 et 1964.
La crise du canal de Suez, l’assassinat de JFK, l’entrée de Charles au pensionnat, le mariage de Margaret …

Le divorce de Parker a failli provoquer celui de la reine : FAUX

La fiction montre comment Philip part à bord du Britannia pour une visite officielle de plusieurs mois dans le Pacifique. L’accompagne Michael Parker, son ami et secrétaire privé.
À la fin de leur périple, ce dernier apprend que sa femme l’accuse publiquement d’infidélité et demande le divorce.
Elle montre même à la reine une lettre où il se vante de ses aventures et celles de Philip.

Bien que le divorce de Parker a vraiment été un scandale en 1958, les détails évoqués dans la série n’ont jamais été prouvés.

Même si la presse lui a prêté une trentaine de maîtresses au long de sa vie, aucune de ces liaisons n’aurait pu aboutir à un divorce royal, le couple mettant la couronne au-dessus de leurs désirs personnels.

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La reine Élisabeth était jalouse de Jackie Kennedy : FAUX

La première dame américaine était bien l’atout charme de son président de mari et elle causa une grande impression lors de leur invitation à la cour de Buckingham.
Mais elle ne flirta pas avec Philip, comme le montre la série.
Et bien que Jackie Kennedy affirma que le palais royal lui avait paru vieillot, cela ne causa pas d’animosité avec la reine.

Par conséquent, Élisabeth n’organisa pas son voyage au Ghana en réponse à cette rivalité.
D’ailleurs, sa danse avec le président Kwame Nkrumah ne le poussa pas à repousser les soviétiques …

Philip a fait partie du scandale Profumo : FAUX (semble-t-il !)

Le dernier épisode de cette saison évoque un scandale sexuel qui fit trembler la Grande-Bretagne en 1963.
En effet, l’osthéopathe Stephan Ward organisait des fêtes douteuses, réunissant des prostituées et des hommes influents.

Si le ministre de la guerre John Profumo fut pris la main dans le sac, rien ne prouve que le duc d’Édimbourg ait été impliqué, comme le sous-entend la série.

Saison 3 : Ça chauffe !

The Crown change ses acteurs pour évoquer les années 1964-1976, marquées par plusieurs catastrophes politiques et privées.

La princesse Margaret a sauvé l’économie britannique : FAUX

La Couronne aurait envoyé Margaret aux États-Unis afin de demander un prêt au président Johnson et ainsi sauver la Grande-Bretagne de la grave crise qu’elle traversait.
Lors d’un dîner à la Maison Blanche, la princesse aurait été si charmante qu’elle aurait obtenu la somme colossale.
Voilà ce que montre la série.

Cependant, le dîner n’a pas eu de concours de toasts ou de blagues salaces.
Quant au prêt, il avait déjà été accordé deux mois avant !

Lord Mountbatten a comploté contre Harold Wilson : FAUX

Quatre ans après l’arrivée au pouvoir d’Harold Wilson et du parti travailliste, un groupe de banquiers mené par l’oncle de Philip, Lord Mountbatten, aurait planifié un coup d’État.

En réalité, si Harold Wilson a bien été la cible de plusieurs complots, Lord Mountbatten les connaissait mais n’en a jamais fait partie.

Saison 4 : Des femmes de fer

Entre 1977 et 1990, Élisabeth II a rencontré trois femmes qui marquèrent sa vie : Camilla Shand, Margaret Thatcher et Diana Spencer.

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Un intrus s’est invité à Buckingham Palace : VRAI mais …

L’épisode 5 montre comment un peintre décorateur au chômage s’introduit dans la chambre de la reine afin de lui raconter ses malheurs, en partie causés par la politique de Thatcher.

Dans la réalité, un homme a effectivement réussi à s’infiltrer à Buckingham, pas une mais deux fois !
Cependant, il n’a pas eu le temps de discuter avec Élisabeth II, qui l’a aperçu avant de fuir pieds nus !

Philip prenait le parti de Diana : VRAI

The Crown montre des relations plus que tendues entre Charles et le duc d’Édimbourg.
En revanche, le père accepte aussitôt la promise de son fils et encourage son mariage, bien que celui-ci en aime une autre.

Dès son arrivée dans la famille royale, Philip a réellement pris la jeune Diana sous son aile.
ll l’accompagnait notamment lors de ses premiers dîners officiels, l’aidant à maîtriser l’art de la conversation.
Ils entretenaient également une correspondance amicale dans laquelle Philip affichait sa préférence pour elle.
Dans une des lettres divulguées, on peut lire : « Je ne peux imaginer que quelqu’un de sensé vous quitte pour Camilla ».

6 commentaires sur “« The Crown » : Le vrai / faux de la série culte”

  1. j’ai au contraire beaucoup aimé cette série. On peut voir que la reine pas préparée avait quand meme une lourde charge… Pour les prochains épisodes essayer de se rapprocher au mieux de la réalité…

    1. Merci pour votre commentaire et avoir partagé votre avis. J’ai beaucoup aimé cette série également. Elle met en lumière des événements inconnus par la nouvelle génération (exemple : l’accident à Aberfan). Je regrette comme vous que certains faits soient trop romancés. Mais c’est un très bon divertissement que je recommande 🙂

  2. Accro à la série : S’abstenir de lire ce commentaire.
    Personnellement, je trouve les 2 premières saisons superbes au niveau lumières et mise en scène (ensuite, cela chute un peu, beaucoup, etc. avec le changement de metteur en scène), certains comédiens sont excellents, mais l’ensemble est superficiel et peu reluisant du point de vue psychologique et de la fidélité de restitution des personnages: si le prince Philip était ce connard patenté qu’il démontre être dans l’ensemble des saisons de cette série, jeune ou vieux, j’ai un peu de peine à croire les discours d’estime que la reine lui a écrits – ou lus- dans la réalité lors de diverses cérémonies, le présentant comme le champion de l’humour, aux dires même de tous dans certains documentaires. Or là, pas une esquisse, pas le moindre sourire ! Le comédien est sinistre et se limite à n’imiter chez son modèle que son regard par en-dessous… On en vient même à se demander ce que la future reine lui trouvait pour vouloir autant l’épouser.
    Bref, il me semble que la série est un peu mal maîtrisée du côté écriture (ou alors, on a bazardé beaucoup de choses pendant le montage) : le prince Philip change vis-à-vis de la reine entre 2 saisons (entre la fin de la 2 et le début de la 3), au lieu de mettre en scène en direct leur modification de rapports : ainsi, on ne comprend pas ce qui les agitent et rapprochent et, en tant que spectateur, on prend de la distance ; on se détache. Et je ne parle même pas ce qui est complètement faux historiquement parlant. Du reste, le choix de certains événements est curieux. Si vous comptez sur cette série pour en savoir plus sur le Royaume-Uni de l’après-guerre, vous pouvez vous accrocher ! On dirait un mauvais rêve qui cherche à faire illusion…
    Vous ajoutez à cela le changement de comédiens entre les saisons 2 et 3, qui marque une ellipse temporelle de 2, maximum 3 ans (eh, oui !), alors que la reine, au travers de sa nouvelle interprète, se prend 30 ans dans la vue pendant ces 3 ans ! Et la princesse Margareth en paraît 50. Or n’oublions qu’en début de saison 3 l’une à tout juste 40 ans et l’autre 35 ans… Elles sont gâtées par le casting ! Un règlement de comptes ?)
    De plus, on commençait à s’attacher à ces personnages et on les fait disparaître au profit d’autres, même si ils ont les mêmes noms ; je trouve cela peu justifié.
    Bref, c’est une série qui m’a passablement agacée dès le milieu de la 2e saison, n’ayant pas grand chose à faire du personnage de fiction qu’est le duc d’Édimbourg et qui occupe malgré tout une grande place… très cliché. Et ne parlons pas du futur Lord Snowdon Quant à cette façon de se moquer en permanence du manque de culture de « Shirley Temple », je trouve cela assez minable.
    Donc, contrairement à certains manifestations de sympathie pour cette série, je ne comprends pas son intérêt : car quel est son message et son but ? Renverser la monarchie pour inutilité manifeste ? Ou juste se soulager sur le dos des autres ? Cela me laisse perplexe…

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire et cette critique argumentée.
      Je suis plutôt d’accord avec vous. Le changement d’acteurs/actrices après deux saisons est une très mauvaise idée.
      Quant aux événements historiques, en effet, c’est plus qu’approximatif.
      L’intérêt pour la série vient sans doute du fait que nous sommes tous des petits curieux, qui aimons savoir ce que cachent les alcôves royales !
      En espérant qu’elle a donné envie au public plus jeune de s’intéresser à l’Histoire …

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