On a lu : « Un amour impossible » de Christine Angot

L’exploit est de l’avoir fini …

Un amour impossible a été vendu en 2015 comme le meilleur roman de Christine Angot.
Celui qui allait réconcilier les sceptiques avec son style parlé.
Pas sûr …

Un mot sur l’auteur

Christine Angot, c’est surtout L’Inceste (paru chez Stock en 1999).
Une autofiction qui raconte comment son père l’a longtemps violée.

Ses romans sont comme la série des Martine, mais dans leur version glauque.
Christine et son viol, Christine et ses amants (notamment Doc Gynéco), Christine et les enfants de ses amants.
Christine qui écrit Christine.

Ensuite il y a eu On n’est pas couché, l’émission de Laurent Ruquier dans laquelle elle est désormais chroniqueuse – critique.

un amour impossible
Christine Angot, en plein fou rire.

.

À lire : Oui, Non, Bof ?

OH QUE NON ! 

Sauf si vous êtes très curieux ou que vous différenciez le fond de la forme …

Le fond :

Fin des années 50.
Rachel, une jeune femme très belle, issue d’un milieu modeste et inculte, rencontre Pierre, un homme charismatique qui possède tout ce qui lui manque.
Ils vivent une histoire d’amour qu’il situe entre la « passion » et la « rencontre inévitable »
On comprend assez vite qu’il s’agit surtout d’un prédateur à l’analyse froide, qui joue avec sa proie, à grands coups de griffe, avant de la dévorer.
Ils auront volontairement un enfant, Christine.
Pour Rachel, leur fille est une preuve d’amour.
Pour Pierre, c’est un outil de manipulation supplémentaire qui lui permet de se positionner au-dessus du commun des mortels.

Le titre peut faire croire à une romance sans avenir entre deux amoureux transis.
Il s’agit en fait de la passion d’une femme trahie par son manque d’amour-propre, une passion rendue impossible par son objet, une execrable ordure.

C’est bien cette histoire qui a tant plu.
Après avoir parlé de son père monstrueux dans deux précédents ouvrages, Angot rend enfin hommage à sa mère.
On découvre la relation mère-fille, fusionnelle d’abord, puis également impossible (autre sens au titre) à cause de l’intrusion paternelle.
Le sujet est exceptionnel …
D’ailleurs si le cinéma s’en est emparé, ce n’est pas pour rien !

Mais il y a la forme …

Et là aussi, c’est impossible !

Il n’y a que la longue conversation finale entre Christine adulte et sa mère, qui mérite qu’on s’y attarde.
D’ailleurs, les dialogues sont tellement présents que ça frôle la (mauvaise) pièce de théâtre.

Angot retranscrit jusqu’aux accents étrangers, ce qui est d’un comique involontaire et inutile.
En particulier, celui de Dalida quand elle chantait l’air préféré des deux personnages.
Toutes les paroles y passent, écrites avec des « r » répétés et des voyelles qui s’étirent …

Alors oui, c’est un détail.
Mais, pour une écriture soi-disant hâchée, sans fioriture, empreinte d’une vérité crue et donc plus proche de l’absolu, il y en a quand même beaucoup, des détails … Et ils font largement déborder le vase !

Une fois n’est pas coutume …
Si vous décidez de voir l’adaptation ciné et qu’elle vous plaît : épargnez-vous la lecture du roman ! 

Extraits choisis

Exemples effarants parmi tant d’autres …

« – Ah la la mon Dieu, qu’est-ce que j’en ai marre, mon Dieu, mais j’en ai marre, j’en ai marre, j’en ai marre, mais j’en ai marre!… Mais j’en ai marre, mais marre, mais j’en ai marre, marre, marre, mais marre! J’en ai marre j’en ai marre j’en ai marre, mais qu’est-ce que j’en ai marre, mais qu’est-ce que j’en ai marre mon Dieu … » (p. 60,61, J’ai lu)

« J’ai pris des crevettes roses en entrée, puis du saumon fumé. Ils ont pris des belons. Ensuite il a pris un chateaubriand à la béarnaise et elle un faux-filet. La viande était accopagnée de frites, fines, bien grillées.
– Oh qu’est-ce qu’elle est bonne, Pierre, cette viande !
Il en a coupé un morceau et l’a mis dans sa bouche.
– Humm.
Il a fermé les yeux pour mieux l’apprécier.
– Elle est bonne hein Pierre ?!
– Humm ! … Ah oui. C’est rare une bonne pièce de viande. Humm !… Comme celle-ci. Bien tendre. Humm !…
– Une bonne entrecôte c’est délicieux. Elle est très bonne ici la viande Pierre. Tu nous as amenées dans un excellent endroit. C’est un peu abondant, mais vraiment très bon.
– Ce qui me manque en Alsace, moi, ce sont les fruits de la mer. Je ne mange jamais d’huîtres à Strasbourg, tu sais ! » (p. 113, J’ai lu)

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