« V pour Vendetta » : Vengeance et Dystopie

L’œuvre qui inspira Anonymous !

V pour Vendetta

Par Jeanne D’Anglejan

Dans la science-fiction dystopique, on trouve de grands classiques comme Le meilleur des mondes et 1984.
Mais aussi des œuvres plus récentes comme V pour Vendetta.

Pour beaucoup, il ne s’agit que d’un film sorti en 2006, réalisé par James McTeigue, avec Nathalie Portman.
Mais avant ça, c’est surtout une série de bande dessinée d’Alan Moore et de David Lloyd.

Saviez-vous qu’elle était inspirée de l’histoire de Guy Fawke et de la Conspiration des poudres ?
On vous raconte tout ce qu’il faut savoir sur V pour Vendetta.

V pour Vendetta : Tout savoir !

Un projet ancré dans le réel

Nous sommes en 1982, dans l’Angleterre sous Margaret Thatcher.
Le pays connait la pire récession économique de son histoire, les partis d’extrême droite grignotent de plus en plus de voix.
Cette situation inspire à Alan Moore et David Lloyd l’écriture d’un roman graphique : V pour Vendetta.
Ils y travaillent ensemble jusqu’en 1990. 

De quoi ça parle ?

Les deux amis imaginent un monde sortant d’une guerre mondiale, où l’Europe, l’Afrique et les États-Unis ont été réduits en cendres par des armes nucléaires.
L’Angleterre se dresse comme l’une des miraculées du conflit.
Le parti fasciste Norsefire est à la tête du pays. Son leader Adam Susan souhaite « nettoyer » la société en menant une épuration ethnique et politique. Il crée des camps d’internement, y mène des expériences scientifiques…
Ça vous fait penser à quelque chose ? 

L’anarchiste masqué Vendetta commet toute une série d’attentats pour défier l’autorité.
Echappé de l’un des camps d’internement, il souhaite se venger de tout ce qu’il y a subi.
Pour faire tomber le régime fasciste, il décime un à un les membres du gouvernement.

La série de romans graphiques comporte un nombre importants d’intrigues.
L’une des plus importantes est sa rencontre avec Evey, une jeune prostituée de 16 ans, victime d’une tentative de viol collectif par des membres du gouvernement.
Vendetta la sauve et les deux personnages commencent une relation forte et sincère.
Notamment parce que Vendetta, brillant et cultivé, se charge de son éducation littéraire. 

Comment ça finit ?

Vendetta meurt dignement et laisse une Evey révoltée et moins docile que quand ils s’étaient rencontrés.

Le masque de Vendetta, une référence historique

La bande dessinée est particulièrement connue pour le masque que porte Vendetta.
Il fait référence à Guy Fawkes (1570-1606), l’un des initiateurs de la Conspiration des Poudres de 1605.

Guy Fawkes menait un groupe de fervents catholiques anglais qui luttaient pour le droit d’exercer librement leur religion. Ils avaient prévu de faire exploser le Parlement du roi Jacques 1er lors de la session du 5 novembre 1605.

Seulement, le roi fut prévenu la veille et les terroristes furent capturés, emprisonnés et condamnés à mort pour haute trahison.

Cet événement, la Conspiration des Poudres, a donné lieu à une tradition : la Bonefire night.
Une fête célébrée chaque 5 novembre pendant laquelle les Britanniques brûlent des figurines à l’effigie de Guy Fawkes et font exploser des feux d’artifices.

Avec le temps, le traître à la Couronne est devenu un symbole de la défense des libertés, capable de perdre la vie pour ses idées.
C’est pour cette même raison que le groupe d’hacktivistes Anonymous l’utilise comme signe d’appartenance.

V pour Vendetta
L’image by patdebaz est sous licence 
CC BY 2.0

L’adaptation au cinéma

Le film s’affranchit du roman graphique.
Même si l’intrigue initiale a été respectée, le scénario des Wachowski (créatrices des Matrix) a beaucoup été adapté pour plaire à un public américain.
Alan Moore refusa d’apparaître au générique, reprochant au film de ne pas respecter l’intégrité de ses personnages. 

Parmi d’autres différences, le film privilégie la symbolique du V, qui revient comme un leitmotiv.
Dès la première scène (à voir en cliquant ici), Vendetta s’embarque dans une tirade parsemée de « V ».
Sa devise ? Vi veri universum vivus vici, qui se traduit « Par le pouvoir de la vérité, j’ai de mon vivant conquis l’univers ».

Dans le film, Adam Susan devient Adam Suttler, nom qui sonne plus comme Hitler.
Il ressemble davantage au Big Brother de 1984 d’Orwell et l’autoritarisme de son régime : libertés proscrites, médias muselés, propagande …

Petite anecdote : la scène dans laquelle Nathalie Portman se fait raser le crâne n’a pu qu’être tournée qu’une seule fois (pour des raisons évidentes !). Elle n’avait donc pas le droit à l’erreur et a été filmée simultanément par trois caméras.

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